Je ne marche plus seule… Hamon a reconnu cette nouvelle classe sociale dont je fais partie.

#HamonRépublique 19/04/2017 (c) Margot L’hermite

Je voulais écrire quelque chose… Je voulais dire à quel point je suis émue de cette campagne.
Et je n’y arrive pas, depuis des jours : je n’ai plus le temps. Je travaille à temps plein, je fais une demie heure de route pour y aller, j’ai deux enfants et j’essaie de m’en occuper au mieux. Alors je n’ai plus le temps d’écrire, de militer, de donner autre chose que cette base, ce triptyque : métro boulot dodo.

Dernier jour de campagne avant le premier tour, je prends quand même le temps de vous dire que Benoît Hamon a raison : on a besoin de plus de temps pour vivre, aimer, militer, aider, éduquer, comprendre, au-delà du travail. Ou alors on a besoin de plus d’argent pour pouvoir nous libérer du temps sur nos tâches ménagères pour pouvoir vivre, aimer, militer, aider, éduquer, comprendre…

Tant pis, aujourd’hui est le dernier jour pour parler de nos choix, du bonheur de les avoir fait. Lundi, on reprend la campagne “contre”. On votera contre l’autre, celui qu’on aimera le moins pour être sûr qu’il ne passe pas. Celui qui nous ferait le plus de mal à moyen ou long terme, en tant que société.

Oui, je suis émue par cette campagne : pour la première fois j’ai l’impression que j’existe. Non pas moi personnellement : je me cogne suffisamment aux pieds des meubles de mon appartement pour me rappeler de ma totale existence (et du fait que les pieds sont bien pourvus en nerfs). J’existe en tant que classe sociale. J’existe. J’appartiens à un groupe plus large.

Je le sais depuis longtemps, que je ne suis pas la seule de mon type. Mais depuis cette campagne, un homme a institué mon groupe social comme une classe à part entière et à qui, donc, il faut apporter des solutions différentes.

“Classe moyenne déclassée”.

Ça sonne mal mais c’est plutôt juste. La même précarité que des ouvriers ou employés précaires. Les mêmes problèmes dentaires ou de fin de mois, les mêmes problèmes quant aux inscriptions aux activités extrascolaires des enfants. Mais des niveaux d’études et des types de métiers plutôt intellectuels et supérieurs. Un accès à la culture, aux institutions, aux savoirs, mais pas à la pompe à essence ou au magasin de chaussures. Mais nous ne sommes pas que “Bobo”.

On peut parler d’égal à égal avec nos congénères, mais plus sortir avec eux : c’est trop cher.

On peut militer, poser des idées, faire de la politique, mais pas être candidat en notre nom: c’est trop cher.

On peut tout toucher du doigt, mais rien appréhender.

On a la tête libre et les mains attachées dans le dos.

On récupère et retape de vieux meubles parce que c’est beau, que c’est solide… et que c’est moins cher. On va dans les friperies, parce que c’est vintage, parce que c’est solide… et que c’est moins cher. On va dans les AMAP, dans les marchés, on fait du vélo pour se déplacer, on s’invite les uns les autres, on fait des pique-niques entre amis, on… tout, parce que c’est moins cher. On a institué cela en mode de vie, mais pour une grande part, on le subit. On a juste appris à le subir avec le sourire, pour ne pas perdre trop fortement notre joie de vivre, parce qu’elle fait partie de notre éducation.

On revit comme mes arrière-grand-parents vivaient, mais on les a connus et on les aime toujours, ces aïeux. Alors, on n’est pas tout à fait perdus. On fait avec, même quand c’est dur.

Benoît Hamon (c) Margot L’hermite

Avec le revenu universel, Benoît Hamon ne nous offre pas d’ailes, il dénoue simplement ce lien qui nous empêche. Mais au-delà, il nous déculpabilise d’être pauvres dans une société où nous ne devrions pas. Il énonce que pauvre n’est pas petit, tout en ne disant pas que riche c’est méchant. Il ouvre une société qui cherche des solutions aux faits et non des cache-misères aux oublis.

Lorsque le cœur de Paris est attaqué, le premier élan des parisiens est d’accueillir les âmes perdues avec #PortesOuvertes. Hier, idem après l’attaque sur les Champs Elysées : la plus belle avenue du monde est attaquée, les gens ont lancé un élan d’esthétisme avec #BellesChoses, pour prendre de l’espace à l’horreur. Les français sont prêts à se faire confiance dans la crise, ils trouvent leurs propres remèdes. 

 

Je suis émue de faire campagne aux côtés d’un homme qui n’ajoute pas de terreur à la peur normale, un homme qui saura faire face en cas de danger, avec fermeté mais sans nous perdre. On parle d’unité nationale, on parle d’union de toutes les forces politiques en cas d’attaque. Mais pour la construire, il faut de la force politique, et cela, Hamon n’en manque pas.

Je suis honorée de faire campagne avec un homme qui a pris sur lui de remettre comme seul souverain à notre République, non pas son président, mais son peuple. J’étais soulagée​ la première fois que Benoît Hamon a dit qu’il ne détenait pas la Vérité, vraiment soulagée qu’un candidat à la fonction suprême puisse être juste humain. Il n’y a pas le Bien contre le Mal, il y a un choix, dans les mains des électeurs dimanche.

Ce que je trouve de plus beau, dans cette campagne, c’est que ceux qu’on oublie souvent, les petites mains, les militants “de base” et notre si beau service d’ordre (bénévole mais si professionnel dans l’action), ont fait campagne parfois sans chefs. Les chefs au PS ont eu peur du projet de Benoît, de cette bienveillance. Les militants, seuls vrais détenteurs de notre parti, eux, l’ont compris et soutenu. La loyauté n’a que peu compté, c’était de l’entrain, de l’envie, de la fierté de proposer cette nouvelle vie-là aux citoyens. 

Benoît Hamon est le candidat des socialistes convaincus, encartés ou non, qui veulent construire une France où chacun trouvera sa place. Même la droite, si elle ne vote pas Fillon, devrait voter Hamon plutôt que Macron, par peur de voir leurs héritages si précieux à leurs cœurs s’étioler. 

Et puis, mettre à la tête du pays quelqu’un dont on sait qu’il n’a ni peur des plus forts ni honte des plus faibles, je trouve ça plutôt rassurant…

Toute cette émotion, Benoît, elle nous portera longtemps dans nos combats, parce que même avec toi Président de la République, tout ne tombera pas du ciel. On sera là, camarade.

Benoît Hamon en visite dans un EHPAD, 2017 (c) Margot L’hermite

 

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