De l’Espérance à l’utopie

« Faites ça bien ce soir 😉 Qu’on soit pas emmerdés ! »
« Ben oui Charlotte !!! »
« Chouette prise de position 🙂 »
« Tu te réveilles tard mais c’est mieux que rien 🙂 »

Ce sont des paroles de gens, des amis, qui votent ou voteraient à gauche mais qui n’ont plus voter pour nous depuis fort longtemps, voire ne votent plus du tout.

« J’ai entendu Olivier Faure sur Inter, ça donnerait presque envie de revenir. »
« Le PS existe en ce moment dans les médias parce que sa direction a décidé de faire l’union avec le reste de la gauche. Personne ne s’y intéresserait sans cela. Ce qu’il faudrait en faire (…) : le mettre à nouveau en phase avec son électorat… »
« Merci Charlotte de porter cette voix localement ! »

Ce sont des paroles d’anciens camarades, ou de gens ayant une ligne socialiste qui n’auraient jamais pris leur carte au PS, trop éloigné de leurs valeurs.

Ce soir, chers camarades, je voterai l’accord pour l’union de la gauche et des écologistes. Depuis le départ nous avons été pour l’union, la plus forte possible donc la plus large possible. Il ne me viendrait pas à l’esprit de changer d’avis pour des problèmes qui ne concernent que peu les citoyens.

Bien sûr que nous aurions aimé plus de circonscriptions et une ligne à 100% socialiste (mais quel socialisme ?). Et je vous dirais même, j’aurais bien aimé que nous fassions nous, le PS, les 22% de Mélenchon. Voire plus.

Mais la politique c’est de l’utopie sur le futur, pas sur le passé. Le passé est là, il faut faire avec. La question est : que proposons nous pour le futur ?

Les éditorialistes plutôt macronistes maugréent. Les gens qui étaient au pouvoir lors du quinquennat Hollande aussi. Je comprends.

J’ai défilé contre la loi El Khomri. Je me suis érigée contre la déchéance de nationalité, et, même si nous étions nombreux dans le même cas, le mépris reçu lors de cette bataille fait partie des grandes blessures difficiles à oublier.

Oui, le monde change. Et nous assistons sans aucun doute à la fin de la Vè République.

3 extrêmes sont arrivés en tête au premier tour de la présidentielle. L’extrême centrisme d’Emmanuel Macron (il se dit extrême centriste lui-même), dirigé par l’émotion du mépris ; l’extrême droite de Marine Le Pen, dirigée par l’émotion de la peur ; et l’extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon, dirigée par l’émotion de la colère. Alors, oui, quand je vois la réforme de l’assurance chômage (nous compterons les gens à la rue à la fin de la trêve hivernale, au printemps 2023), quand je vois Parcoursup (les parents qui angoissent, les enfants qui sont perdus, surtout ceux qui n’ont pas les moyens de payer des écoles), quand je vois la réforme des retraites qui arrive (avec un 49.3), je préfère le camp de la colère de gauche. Car je suis en colère.

Oui, nous avons des différences et des différends avec LFI. Mais c’est pareil avec les communistes et les verts, et pourtant (en général nous essayons de) nous faisons avec. Ce n’est pas facile. C’est la politique.

Oui, nous sacrifions cette campagne territoriale pour la campagne nationale, parce que les élections législatives, c’est l’élection d’une seule Assemblée nationale. Et comment aller vers nos concitoyens, les électeurs qui espèrent aujourd’hui que cette gauche rassemblée pourra contrer l’hyper libéralisme économique de Macron, comment les regarder dans les yeux et leur dire que nos sacrifices électoraux sont insupportables alors que ce sont leurs vies même sont rendues insupportables ?

Nous ne pouvons sacrifier les français à l’aune de notre désir d’exister en tant que parti. Ni nous, ni LFI, ni les autres ne peuvent le faire, c’est notre responsabilité. D’où l’union.

Dans la hiérarchie des responsabilités des hommes et femmes politiques socialistes avant de changer le monde, il y a protéger les gens. Et cet accord ne changera pas peut-être pas le monde, mais il permettra peut-être d’éviter à des foyers de tomber dans la misère. Après la crise sanitaire, vient la crise économique. Le dire ne suffit pas, il faut aussi le contrer sinon, nous serons coupables.

Je suis très fière de la direction actuelle de mon parti. Je suis fière de ce nouvel élan, qui dit que rien à gauche ne nous est étranger.
Tout à gauche ne nous est pas commun, mais notre point commun est fondamental : empêcher la misère d’être la pandémie de 2022/2027.

Et pour demain, repensons l’utopie. Repensons à nouveau en partant d’une page blanche. Oublions nos préceptes et trouvons ceux dont les français à qui nous souhaitons nous adresser ont besoin.

Conseil municipal 23 septembre 2021 / Des questions sur les MAM

#CMMetz #Metz
Mes questions autour de la création de 2 Maisons des Assistantes Maternelles prévues à Metz.

Monsieur le Maire,
Chers collègues,
Je vais commencer par vous dire que je suis satisfaite d’évoquer dans ce conseil municipal les besoins de la petite enfance. En effet, c’est à cet âge que l’équilibre de l’enfant, futur adulte, se construit. Et nous, parents, avons besoin de la solidarité de la société pour nous aider à nous occuper de nos enfants, comme le dit le proverbe africain : “Il faut un village pour élever un enfant”, et en occident, le village ce sont les collectivités publiques.
Contrairement à ce que vous dites, nous avons bien compris que vous êtes Maire, donc responsable de votre équipe mais aussi de tout le conseil municipal et de notre capacité à travailler correctement.
Alors, je suis désolée, mais une fois encore j’arrive avec des questions que j’aurais pu poser en commission si les documents étaient arrivés suffisamment en amont de la réunion. Moins de 24h en pleine semaine entre la convocation et la réunion, alors que nous avons, en tous cas dans l’opposition, d’autres activités que d’élus, c’est un peu court, Monsieur le Maire. Je sais bien que vous et votre groupe avez des activités aussi en dehors de la mairie, et d’ailleurs je remercie Mme Lux d’avoir été là pour l’ouverture de la réunion, Mme Stémart étant toujours au conseil départemental à l’heure de sa convocation. Mais je vais donc poser ce soir les questions pour lesquelles il me fallait un peu plus de recul que l’Exposé ouai que vient de faire Mme Lux et auxquelles vous auriez pu répondre déjà.
La question est sur le comment et non le quoi, Monsieur le Maire, car avant de lancer un projet tel que ces 2 Maisons des Assistantes Maternelles pouvez nous nous éclairer sur les taux d’occupations à tous âges des lieux déjà existants ? J’ai peur, en effet, que d’ouvrir un nouveau lieu puisse faire perdre l’agrément CAF aux autres qui sont, depuis toujours, sur la brèche avec trop de bébés, puis pas assez de 2/3 ans alors que la CAF a besoin d’un taux élevé d’occupation de chaque classe d’âge pour donner l’agrément.
J’imagine que vous avez pris cette décision d’investissement après une étude fine quartier par quartier, même si vous décidez de mettre chaque MAM à proximité d’une crèche déjà existante. Pouvez-vous nous dire les besoins réels en lieux d’accueil petite enfance du Sablon sud et des Hauts de Ste Croix, en rapport avec les besoins des autres quartiers ? Et, Monsieur le Maire, nous dire aussi pourquoi nous n’avons pas eu accès à une telle étude si elle a été faite ?
Je ne vois, en outre, aucun document ni aucune information sur les statuts juridiques de ces MAM. Seront-elles louées par les assistantes maternelles organisées en association ou chaque assistante maternelle pourra-t-elle louer seule une part de la MAM ? Comment se fera le choix des assistantes maternelles qui y seront ?
Ces questions ne sont pas simplement administratives, mais, je pense aussi aux parents : qui embaucheront-ils ? Qui sera responsable de leur enfant ? La mairie ? L’assistante maternelle qu’ils emploient eux-mêmes ? Un groupe, une association, si oui lesquels ? Si l’assistante maternelle qu’ils emploient est malade et absente, pourront-ils confier leur enfant à une autre, comme dans tout mode collectif ou est-ce un faux mode collectif où notre enfant ne dépend en fin de comptes que d’une personne ?
Une place en crèche coûte plus de 5000€ par an à la collectivité, à ce village qui élève l’enfant. Une place en MAM coûte bien moins cher puisqu’en plus vous créez ces dispositifs à fonds constants (c’est-à-dire sans dépenser un centime de plus du budget de la petite enfance). Pouvez-vous nous assurer, monsieur le Maire, que le dispositif des MAM ne viendra pas à moyen terme diminuer le nombre de places en crèche de la ville ?
Vous me voyez, encore une fois, désolée de vous poser toutes ces questions en conseil municipal, j’espère, monsieur le Maire que vous saurez palier à l’absence de documentation.
Merci.

Le jour est sombre.

Le jour est mon épreuve. Mon épreuve qui se répète, chaque jour.

Le jour, c’est la somme des échecs, des failles, des chutes qui me tient. Somme assommante. Somme éreintante.

Ces jours sans liberté sont gravés dans ma poitrine. Mon sang est épais. Il ne coule plus bien. Il manque de l’élan.

Je ne sais plus me lever. Je ne sais plus marcher. Je ne sais sans doute plus danser non plus. Mais que signifie danser ? Pour danser il faudrait être léger. Qui est encore assez léger pour danser, même seul dans sa chambre sur Sylvie Vartan ? Qui. 

Je ne sais plus penser. Je ne fais que rêver. Rêver de frapper, rêver de contourner, rêver de clandestinité. Mon bonheur ne peut qu’être clandestin puisque le jour est sombre.

Ma liberté comate au fond de ma gorge, noyau d’abricot empêchant de parler. Je voudrais danser dans la rue, une samba douce, sentir la chaleur de la vie quelque part. Je voudrais qu’une samba nous libère, nous détache de nos canapés. Je voudrais une samba en moi. Je voudrais écrire une saudade sur notre vie gâchée un an à attendre que quelque chose arrête d’arriver. Je voudrais écrire une saudade où j’embrasserais l’air.

Le jour est sombre, il appelle la défaite du Peuple. 

Ma voix ne sort plus. Mes yeux ne lisent plus. Mon coeur bat sans comprendre trop pourquoi. Mes mains sont lasses. Mes pieds ne veulent plus.

Le jour est sombre et il ressemble à hier qui ressemble à demain.

Nous en sommes là, sombres. 

Mais nous, c’était autre chose. C’était rire et danser. C’était chanter et penser. C’était panser les blessures de l’autre sans lui demander quoi, ni pourquoi. C’était boire et manger, parce qu’on avait compris que la Vie, c’est court. Nous, c’était vouloir le Beau plus que tout. Le Beau avec une majuscule, pas le joli, non. Le Beau qui est Juste, qui est Vrai. Nous, c’était la Joie d’être vivants et la volonté de l’être pleinement.

Le jour est sombre parce que nos vies sont lumineuses, et qu’on les a éteintes.

Que quelqu’un prenne ma main, je n’arrive pas à me lever. Que quelqu’un prenne ma main et me ramène à moi. Vous vous souvenez de moi ? Je voudrais y retourner. Attrapez-moi et faites moi danser. Attrapez-moi, ne me laissez pas là, dans ce trou sans lumière, sans goût. Rattrapez-moi et je vous tiendrai pour qu’on en sorte. 

Je voudrais reconnaître les jours et les saisons à nouveau. Je voudrais le goût de l’Autre qui revient dans mon plaisir de le rencontrer pour la première fois. Revoir ceux qui me manquent depuis des lustres, parce que ces 12 mois furent trop long pour en supporter encore d’autres. Je voudrais les moyens de réunir tout le monde pour une grande bacchanale d’un mois de rattrapage humain. Je veux des corps, les corps de tous ceux que j’aime ou qui me font rire, ceux qui me font rêver ou danser, je veux tous ces corps inaccessibles depuis tant de mois, et je veux pouvoir les toucher sans plastique, sans parois, sans pixel. Je veux de vrais corps. Pas des images de corps. Laissez nous tranquilles avec vos images, on n’en peut plus de vos images. On veut la réalité. On veut du Vrai. 

Et nous, c’est Vrai.

Jour 10 : Silence de l’angoisse

Aucune photo. Rien. Des choses de la veille. Rien du jour là. Rien du mardi 24 mars 2020, passé en silence, à essayer de faire taire l’angoisse qui est né la veille. Toute la journée, chercher son souffle. Il s’est posé là, au bord du canal le lundi midi, lorsqu’il a fallu faire demi-tour alors que je voulais continuer à marcher. Marcher, marcher, marcher. Jusqu’à ce qu’un Autre me prenne et me dise “ça va, ça ira”.

Mais non. Faire demi-tour et n’être pris en charge par personne. Continuer à prendre en charge les miens. Devoir.

Lundi, 13h, arrivée au Leclerc.
Dans l’Hyper que je connais, suivre la liste longuement élaborée. Marly, car j’ai besoin d’une imprimante. J’ai besoin d’un hypermarché.
Dès le parking, deux sensations qui se disputent en moi : de la gratitude envers ceux qui travaillent, ceux qui font tout pour que tout se passe au mieux, pour notre sécurité, et de la stupeur envers ceux qui viennent en couple, comme si c’était une promenade.

Gratitude et stupeur

J’avance dans les rayons alors que ces gens ne font pas attention, qu’ils s’en fichent de l’Autre, qu’ils font leur petit chemin, leurs petites courses, dans leur grand espace, et réduisent d’autant notre espace, à nous, les autres. Ils s’en fichent. On peut crever, ils s’en fichent. Ils veulent juste savoir qui va chercher l’huile, mais n’oublie pas de prendre les herbes, aussi. Et toi, tu fais tes courses pour 3 semaines, pour toi et tes enfants. Tes enfants. Qui ont besoin de toi, de toi en forme, parce qu’il faut tenir, tenir, tenir. Et eux là, ils se demandent, l’un à côté de l’autre dans ce rayon-là, puis dans celui d’après et celui d’encore après, si ce qui est sur la liste est bien sûr ou s’il faut changer les choses. Et ils prennent leur espace, comme si ce n’était que le leur. Que le leur. Comme si personne d’autre que leurs petites personnes, qui s’aiment, qui ne supportent pas d’être séparés, tellement pas qu’ils ne peuvent pas venir seuls faire leurs putains de courses, comme si personne d’autre n’existait.

J’avance dans ces rayons et tout à coup, respirer est difficile. Difficile. Métallique. Je suis malade ? Déjà ? En quelques rayons, déjà malade ? Le virus, si vite ? Respiration difficile, douloureuse, comme si mon plexus n’était plus solaire, mais d’acier. De l’acier froid, qui plombe. Dans ma poitrine. Là, entre les rayons pleins et les rayons vides. Trop difficile de respirer.

Et je me souviens. Je me souviens que depuis des années, je ne viens presque plus au Leclerc. Une ou deux fois par an, seulement. Pour la rentrée, toujours. Et puis si j’ai besoin de quelque chose pour la voiture, ou de jouets pour Noël… Mais non, je n’y vais plus. Je vais, dans cet ordre de priorité, au marché puis au marché couvert, puis au Lidl, puis au Simply : supermarché, petit supermarché. Reflexe de quand j’étais très pauvre, pour manger sain en dépensant peu. Et ça nous suffit pleinement. Et ce sont de petits bonds de courses, un jour là, un jour ici. Mais ce sont des tailles humaines, des gens humains, des sourires, des échanges, des habitudes. Ce sont des clients – peut-être les mêmes qu’à l’hypermarché – qui se rappellent qu’ils sont autant humains que nous, ni plus, ni moins.

Alors, je me souviens que la période est anxiogène, je me souviens que les angoisses troublent la respiration. Alors, j’essaie de faire en sorte que mon esprit reprenne lien avec mon corps et qu’ils aillent tous deux vers la réalité, pas la peur. Alors, je continue à avancer. Ça va et ça vient, de rayon en rayon. Respirer. Sentir ce métal dans mes bronches. Aller à la caisse. Discuter avec les caissières. Nous moquer des gens, de leur inconscience, des tous petits paniers, des couples, des familles entières. Parler de la foule du matin, de l’absence de pause, mais là ça va mieux. Payer. 3 semaines d’un coup et des fournitures qui n’auraient jamais été nécessaire sans confinement. Payer beaucoup.

Et jusqu’au surlendemain matin, après la nuit, sentir ce poids dans la poitrine. Mon angoisse, c’étaient vous, les anonymes inconscients d’être au monde au milieu du monde. Mon angoisse, c’était cette société qui nous tue : celle du mètre linéaire, celle de la tête de gondole, celle de la caisse automatique, celle des choses à avoir.

Cette ville que l’on a, on la mérite. Les “hyper” viennent du fait qu’on ne peut plus prendre le temps de vivre, d’acheter tranquillement, il faut tout en un, tout en une fois, avec parking devant. On peut s’en plaindre, mais qui est assez fou pour avoir un job à temps plein, des activités en dehors, deux enfants à élever, aucune aide, et a quand même envie de faire 8 ou 10 fois la queue, au moins, toutes les semaines pour avoir et à manger, et du PQ, et des livres, et du thé, et du pain… Qui prend ce temps ? A qui le laisse-t-on ? Personne.

Et pourtant, si c’était cela, la respiration humaine…?
Si c’était nous passer de tout ce qui est “hyper” pour trouver tout ce qui est “humain”, à notre échelle, d’hommes et non de dieux.

Jour 8 – Laetare : la Joie.

4è dimanche de Carême, dimanche de la Joie

La #Paix du #Christ à chacun. 🙏

#Dimanche #Messe #Confinement #2eDimanche

Cette messe télévisée, en comité très restreint, comme chacun chez soi, très improvisée la semaine passée, est notre nouvelle communion hebdomadaire. Il faut trouver nos nouvelles marques, créer de nouveaux #temples.
En plein Carême, cette absence de #corps, ceux des autres, et celui du Christ, nous pousse à penser et panser ce qui nous manque.

Aimer, dans le manque.
Recevoir l’Amour, dans l’absence.

L’altérité est dehors. Nous en sommes dépossédés. Il faut alors trouver la Vérité en nous, sans contre argument, sans bataille, dans un cheminement intime.

Chercher le manque ultime, trouver la voie pour ne pas le perdre. Et cheminer vers notre plénitude, au bout du bout du chemin… Sans certitude, juste une immense Foi en l’Amour.

Quand dans ton immeuble, il y a 249 appartements, quand ça prend, ça prend d’un coup…
#applaudissements #Confinement #PourLesSoignants #JAiPasFilméJÉtaisAuTél

Jour 6. Dans mon HLM.

#Metz Sans filtre, le ciel de #printemps et la tour des suicidés vue de dos.
Ste Barbe, Sainte patronne des messins et des pompiers…
Ciel bleu et un certain silence aujourd’hui.
La voisine du dessus n’a crié qu’une fois sur ses enfants, pour qu’ils aillent à douche.
Les voisins du dessous ne semblent pas être là. C’est plus calme. C’est bon.

Depuis dimanche, j’ai parlé à deux voisines par la fenêtre de la cuisine. Elles étaient sur la coursive. Les coursives, cette idée Le Corbusienne de créer des villages superposés. 12 rues de superposent de mon côté. 19 chez ceux qu’on voit là. Des villages lego, sans jardin, sans espace. Heureusement, il y a du ciel, beaucoup de ciel. Alors je vous donne mon ciel à vous qui êtes en rez de chaussée, en rue serrée, en manque de ciel.

Il y a quelque chose entre l’incertitude, l’incompréhension et la peur, ici. Beaucoup de silence, en fait. Des voisinEs qui vont bosser : nettoyer, nourrir, aider, qui laissent leurs enfants seuls, parce qu’un est au collège l’autre en primaire et que ça fait deux accueils différents, que c’est trop compliqué. Ici, on est pauvres, on fait des métiers très utiles. Des voisins. Ceux qui descendent leur chien mais c’est tout. Qui disent bonjour de très loin. Qui serrent les dents…

Moi je vais bien. Je prends du recul en regardant LCP. Je m’énerve contre l’innocuité de la majorité. Ça occupe.

Je me demande si un jour j’appelle la police pour des cris trop violents, viendront ils ? Que feront ils ? Que pourront ils faire, vraiment ?

Est ce que quelqu’un, à bout de nerfs confinés, décidera de venir chez nous et sauter ? Ça fait plus d’un an que ce n’est pas arrivé. Ici, on accueille même la misère des gens qu’on n’a jamais vu.

Pour l’instant, c’est silencieux. C’est pas si mal. C’est bien. Ça n’applaudit pas à 20h. Mais ça ne hurle pas les 23 autres heures, et c’est déjà ça, la résilience en HLM.

#Confinement #Jour6 #LesVoisins #DansMonHLM

Jour 5. Les enfants.

Ce soir, nous avons reçu un mail de la part du directeur du Conservatoire à Rayonnement Régional – Metz Métropole. Il enjoint les professeurs à ne pas surcharger nos #enfants de travail. A nous laisser du #temps.

Et à jouer de la #musique, chanter, danser, ensemble, en #famille

Et bien vous savez quoi ? ça m’a #émue. Parce que c’est pour ça que j’ai inscrit mes enfants au conservatoire : pour la musique, pour son rôle dans nos vies, au quotidien. Parce que maîtriser cette matière, c’est aussi maîtriser une manière d’être ensemble différente, sans média, sans filtre.

Alors oui, on va faire en sorte que ce #violoncelle de Nathanaëlle sonne dans notre salon, la fenêtre ouverte pour que les voisins en profitent. Mais pas les jours où l’école aura donné un peu trop de travail. Parce que les enfants ont aussi besoin de temps, de solitude, de vie intérieure. Parce que la #résilience demande cela.

Mes enfants sont fantastiques. (J’avoue : ils ont 10 et 13 ans, et je remercie le ciel qu’ils n’en aient pas 2 et 5 aujourd’hui…) Mais ils sont vraiment fantastiques. Ils ont compris. Ils ont compris l’importance du confinement. Ils ont compris l’importance de l’école à la maison. Ils ont compris l’absence des copains. Ils viennent prendre des câlins (tant de câlins) lorsque l’angoisse, le manque, passe à travers eux. Puis ils retournent vaquer à leur monde intérieur. Ou vont mettre la table car je fais à manger…

Mais cette nouvelle que non, pour le moment, on fait une pause du “travail” pour prendre le temps d’aimer la musique comme on a besoin de prendre le temps de nous aimer les uns les autres, ça, c’est une très très belle nouvelle.

Merci Monsieur Stroesser.

Mamie, ton arrière arrière petit fils te remercie durant ces temps d’école à la maison… 💕
#Dictée
#Confinement #Jour5

Jour 4. Comment respirer ?

Crochus
#Confinement #Jour4
Bonjour ! ❤️

Nous sommes sortis.
On n’a pas fait le tour du pâté de maison stricto sensus. Nous avons déposé à l’école la pré inscription au collège de la petite, fait un tour par le canal, et nous sommes remontés en passant chercher le PQ et le lait dans la voiture…

On recommencera dans quelques jours. Dans le plus grand nombre de jours possibles. Quand les nerfs des enfants seront à bout. Quand faire autrement ne sera vraiment plus possible.

Si ma fille de 10 ans y arrive, quiconque qui se pense supérieur à une fillette de 10 ans peut y arriver.
Mais je vous l’accorde, à vous tous qui prenez ça par dessus la jambe : vous n’arrivez pas à la cheville de ma génialissime fille !

#Confinement #Jour4

Jour 3. Se préparer.

Voici les 4 livres qui m’attendent.
Les deux du haut sont entamés.
Les deux du bas n’ont pas été mis dans la file d’attente longue mais attendaient sur la table du salon que les we ne soient plus pris par la campagne.

La Douleur. Duras attend le retour – ou l’annonce de la mort – de son amant. J’en suis au début. C’est bouleversant. Le titre est juste. C’est l’histoire d’une patience morbide.
Varillon. Joie. Vivre. Croire. L’Eglise me manque. Mes amis me manquent. Mais Jésus ne me manque pas. Il est là.
Après la fin du monde. Foessel. Ce philosophe m’éclaire le monde. Je veux savoir ce qu’il dit de “après”, mais je ne pensais pas vivre une sorte de “fin du monde” si claire.
Les liens. Giordano Bruno, 1590. Parce que nous ne nous en rendions sans doute plus compte, mais les liens sont ce qui importe le plus à l’humain. C’est sans doute ce que chaque crise rappelle à notre société et que nous nous efforçons d’oublier trop vite.

J’essaierai de vous mettre des “morceaux choisis” de ces livres accumulés par hasard. #ThereIsNoSuchThingAsCoincidence (LJ Gibbs)

Jour 2. Se rendre compte.

Confinement. Lundi 16 mars.

Crochus et tulipes.
#Confinement #Jour2 #TrouverDuBeau #AimerLaVie

Restez à la maison.
C’est tout.
Et quand vous avez un coup de blues, appelez l’ami ou le parent à qui vous pensez depuis des semaines, des mois en vous disant toujours “ah zut, là, j’ai pas le temps”. Parce que vous verrez, vous avez plein de belles choses à vous raconter. Depuis ce temps, vous avez des vies à vous raconter…
Ce virus nous donne deux choses : la capacité d’agir vraiment les uns pour les autres en ne sortant pas de chez nous, et du temps. Beaucoup de temps.
Ce temps que la société nous bouffe.
Reposez-vous. Lisez. Regardez des merdes à la télé. Écoutez de la musique.
Prenez soin de vous.
Faites belle votre maison.
Nous serons de toutes façons solidaires, car ensemble. Une belle communion humaine.

Allez, #Confinement #Jour2, ce sera une belle leçon de #vie. Faisons cela pour aider nos soignants, pour qu’ils ne soient plus submergés. Pour nous, ce n’est pas si dur.

Chut…
Un jour est passé. Et le ciel est d’or…
#StaySafe #StayHome