« Faites ça bien ce soir 😉 Qu’on soit pas emmerdés ! »
« Ben oui Charlotte !!! »
« Chouette prise de position 🙂 »
« Tu te réveilles tard mais c’est mieux que rien 🙂 »
Ce sont des paroles de gens, des amis, qui votent ou voteraient à gauche mais qui n’ont plus voter pour nous depuis fort longtemps, voire ne votent plus du tout.
« J’ai entendu Olivier Faure sur Inter, ça donnerait presque envie de revenir. »
« Le PS existe en ce moment dans les médias parce que sa direction a décidé de faire l’union avec le reste de la gauche. Personne ne s’y intéresserait sans cela. Ce qu’il faudrait en faire (…) : le mettre à nouveau en phase avec son électorat… »
« Merci Charlotte de porter cette voix localement ! »
Ce sont des paroles d’anciens camarades, ou de gens ayant une ligne socialiste qui n’auraient jamais pris leur carte au PS, trop éloigné de leurs valeurs.
Ce soir, chers camarades, je voterai l’accord pour l’union de la gauche et des écologistes. Depuis le départ nous avons été pour l’union, la plus forte possible donc la plus large possible. Il ne me viendrait pas à l’esprit de changer d’avis pour des problèmes qui ne concernent que peu les citoyens.
Bien sûr que nous aurions aimé plus de circonscriptions et une ligne à 100% socialiste (mais quel socialisme ?). Et je vous dirais même, j’aurais bien aimé que nous fassions nous, le PS, les 22% de Mélenchon. Voire plus.
Mais la politique c’est de l’utopie sur le futur, pas sur le passé. Le passé est là, il faut faire avec. La question est : que proposons nous pour le futur ?
Les éditorialistes plutôt macronistes maugréent. Les gens qui étaient au pouvoir lors du quinquennat Hollande aussi. Je comprends.
J’ai défilé contre la loi El Khomri. Je me suis érigée contre la déchéance de nationalité, et, même si nous étions nombreux dans le même cas, le mépris reçu lors de cette bataille fait partie des grandes blessures difficiles à oublier.
Oui, le monde change. Et nous assistons sans aucun doute à la fin de la Vè République.
3 extrêmes sont arrivés en tête au premier tour de la présidentielle. L’extrême centrisme d’Emmanuel Macron (il se dit extrême centriste lui-même), dirigé par l’émotion du mépris ; l’extrême droite de Marine Le Pen, dirigée par l’émotion de la peur ; et l’extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon, dirigée par l’émotion de la colère. Alors, oui, quand je vois la réforme de l’assurance chômage (nous compterons les gens à la rue à la fin de la trêve hivernale, au printemps 2023), quand je vois Parcoursup (les parents qui angoissent, les enfants qui sont perdus, surtout ceux qui n’ont pas les moyens de payer des écoles), quand je vois la réforme des retraites qui arrive (avec un 49.3), je préfère le camp de la colère de gauche. Car je suis en colère.
Oui, nous avons des différences et des différends avec LFI. Mais c’est pareil avec les communistes et les verts, et pourtant (en général nous essayons de) nous faisons avec. Ce n’est pas facile. C’est la politique.
Oui, nous sacrifions cette campagne territoriale pour la campagne nationale, parce que les élections législatives, c’est l’élection d’une seule Assemblée nationale. Et comment aller vers nos concitoyens, les électeurs qui espèrent aujourd’hui que cette gauche rassemblée pourra contrer l’hyper libéralisme économique de Macron, comment les regarder dans les yeux et leur dire que nos sacrifices électoraux sont insupportables alors que ce sont leurs vies même sont rendues insupportables ?
Nous ne pouvons sacrifier les français à l’aune de notre désir d’exister en tant que parti. Ni nous, ni LFI, ni les autres ne peuvent le faire, c’est notre responsabilité. D’où l’union.
Dans la hiérarchie des responsabilités des hommes et femmes politiques socialistes avant de changer le monde, il y a protéger les gens. Et cet accord ne changera pas peut-être pas le monde, mais il permettra peut-être d’éviter à des foyers de tomber dans la misère. Après la crise sanitaire, vient la crise économique. Le dire ne suffit pas, il faut aussi le contrer sinon, nous serons coupables.
Je suis très fière de la direction actuelle de mon parti. Je suis fière de ce nouvel élan, qui dit que rien à gauche ne nous est étranger.
Tout à gauche ne nous est pas commun, mais notre point commun est fondamental : empêcher la misère d’être la pandémie de 2022/2027.
Et pour demain, repensons l’utopie. Repensons à nouveau en partant d’une page blanche. Oublions nos préceptes et trouvons ceux dont les français à qui nous souhaitons nous adresser ont besoin.













