La culture est un combat et c’est le nôtre.

[Contribution sur le thème de la culture, rédigée par Frédéric Hocquard, Nicolas Cardou, Charlotte Picard, Martine Chantecaille… pour le Congrès de Poitiers du Parti Socialiste.]

Renouer, reprendre langue, refonder… Ces mots n’ont cessé de revenir ces dernières décennies quant aux politiques culturelles en France. Nous avions nous-mêmes porté cette ambition haut et fort pour maintenir l’investissement dans la culture et dans le débat public avant l’élection présidentielle, ambition que le candidat Hollande endossa lui-même en janvier 2012 : « La crise ne rend pas la culture moins nécessaire, elle la rend plus indispensable. La culture, ce n’est pas un luxe dont, en période de disette, il faudrait se débarrasser. La culture c’est l’avenir, c’est le redressement, c’est l’instrument de l’émancipation et le moyen de faire une société pour tous. »

Au-delà des mots et des discours officiels, trois ans après le début du quinquennat, malgré des tentatives initiées par la Ministre de la Culture, ces promesses n’ont pas été tenues faute d’arbitrages budgétaires perdus et d’une mauvaise réforme de l’intermittence. La vie culturelle en France recule si vite, en laissant tant de projets et de territoires étouffer, quand ils ne meurent pas, que cela devient petit à petit irréparable.

Ce fossé traverse la société, la culture n’en est pas en soi la cause exclusive pourtant elle y participe. Alors que la fraternité réapparaît au grand jour des valeurs à réaffirmer, les pratiques culturelles sont devenues plus clivantes et sans doute plus discriminantes qu’elles ne l’étaient auparavant suivant les catégories sociales, professionnelles, suivant là où nous vivons et l’âge que nous avons. Sans doute que le gouvernement n’a pas pris la mesure du fossé qui s’est creusé depuis des années, il n’a assurément pas pris la mesure de l’ambition qui animait le socialisme.

A cela s’est ajouté la tentative de réduire la culture au silence dans des pays dits démocratiques, jusqu’en Europe, de la Russie à la Hongrie, où l’on attaque directement ou indirectement la presse, les intellectuels puis les lieux d’art et de culture. En France c’est la pression régulière de groupes intégristes qui veulent interdire la tenue de spectacles. C’est aussi des dessinateurs et des caricaturistes qu’on assassine…

La censure doit être une préoccupation de tous les temps et le nôtre y est confronté. Nous savons ainsi que lorsque le FN prend la tête d’une collectivité, ses premiers combats sont culturels allant des suppressions de subventions aux associations, aux livres et journaux interdits ou imposés dans les bibliothèques en passant par les rues débaptisées ou la volonté de fermer des théâtres. Et cette tentation gagne la droite qui sous la pression du Printemps français demande à retirer des livres pour enfants des bibliothèques, des films ou des spectacles qui dérangent leur vision archaïque de la société ou même interdire des festivals de musique métal…

Plus insidieusement, on voit aussi depuis les élections municipales, des politiques s’ingérer dans les programmations et au nom du « populaire » mettre en péril toute ambition créatrice, novatrice, émancipatrice… La gauche doit donc rappeler avec force que le rôle du politique est de soutenir les créateurs sans les soumettre à sa dictée, de faciliter les rencontres des citoyens avec les œuvres et les pratiques culturelles sans vouloir les contrôler, de favoriser la découverte d’univers inconnus sans craindre l’altérité, la diversité et la nouveauté.

Et bien sûr il faut « tenir bon » ! Tenir bon face aux stratégies de la peur, tenir bon face aux populismes, tenir bon et donc ne pas s’autocensurer !

 

Ainsi, dans cette nouvelle période la question de la liberté de la création est de nouveau posée car ces censures ont toutes le même but : faire disparaitre la dimension subversive de la culture, le rôle social de l’art. Les démocrates savent que ce silence est dangereux ; pour les socialistes, il est insoutenable. Il nous rappelle à nos combats fondateurs, ceux que nous avons menés et menons encore contre le fascisme, contre l’exploitation humaine, contre les inégalités et les communautarismes, contre l’oppression. Mais on oublie parfois que le silence commence là où des festivals s’arrêtent et où des théâtres ferment faute de financement public.

Face à cela, la gauche et les socialistes se doivent d’agir. Pour redonner de l’espoir et surtout parce que la culture est l’humus sur lequel se construit l’émancipation humaine : sans peuple cultivé et éduqué, pas de transformation sociale durable.

 

Ainsi, nous proposons à travers cette contribution de donner des axes de réflexions, des propositions afin de réarmer le projet culturel et démocratique de la gauche.

 

  • La culture n’est pas une marchandise comme les autres

 

La transformation de toute activité humaine en marchandise continue d’être le moteur principal de notre système économique. Comme pour d’autres domaines d’intérêt général, ces dernières années ont marqué une marchandisation galopante des pratiques culturelles, de grands groupes américains ont profité de la révolution technologique pour s’approprier les outils de distribution et donc de profits sur les œuvres. En France et en Europe, nombreuses ont été les tentatives de casser les échelles de valeur et de redistribution qui avaient été créées tout au long du 20ème siècle : la fameuse exception culturelle.

De ce fait, la part de la valeur créée par la culture en France est désormais en baisse. Cette richesse a tendance à franchir l’Atlantique plutôt que de participer du système redistributif français. Si nous n’y prenons garde, à coup de contournements de la règlementation, de défiscalisation et de pression au niveau de l’Europe, Amazon, Google et Apple auront bientôt mis en pièce notre exception culturelle. En 2003, le « PIB culturel » était à 3.5%, il est aujourd’hui de 3.2% pour 57.8 milliards d’€. Les baisses de budget n’expliquent pas tous, une partie de cette richesse a traversé l’Atlantique. L’investissement que nous mettons dans la culture produit naturellement une richesse financière que nous devons préserver tout autant, si ce n’est plus, qu’une précieuse diversité culturelle.

 

Pour ce faire, quelques batailles ont été gagnées (comme sur le traité transatlantique) mais sur d’autres fronts, nous laissons faire comme si le marché était en mesure de réguler l’offre et la demande… Le discours de Fleur Pellerin, la Ministre de la culture, à l’occasion des 24ème Rencontres cinématographiques de Dijon en octobre 2014 est de ce point de vue inquiétant : le vocabulaire artistique, de création laisse place aux champs lexicaux du marché et de l’industrie, plus question d’œuvre mais de contenu. L’enjeu deviendrait la rareté de la disponibilité d’attention. Pire, dans ce discours, la puissance publique n’y est plus décrite comme organisatrice ou régulatrice de la filière culturelle, mais comme un agent économique comme un autre…

Nous pensons au contraire qu’il faut affirmer le besoin de redynamiser les politiques d’intervention publiques dans le domaine des arts et de la culture. Elles reposent sur trois principes : un financement public, des mécanismes de régulation du marché et des outils de partage de la valeur. C’est fort de ces principes qu’il nous faut inventer un nouveau modèle pour les politiques culturelles.

 

2- Réhabiliter le commun, la responsabilité sociale et la coopération dans le champ culturel

En plus de la protection des œuvres et des artistes, c’est la nature même de ce que nous appelons culture qu’il faut donc défendre en revendiquant que l’art et la culture pour nous ne se réduisent pas à la seule fonction divertissante. Ils disposent au contraire d’un rôle social, émancipateur, produisant un espace de création, de critique, d’éducation, de partage entre les êtres humains.

S’opposer à la marchandisation de la culture implique d’envisager le fait culturel comme un élément producteur de commun et donc de République. Si, au lieu de se poser la question de l’ouverture des commerces et des supermarchés le dimanche, nous nous posions la question de l’ouverture des bibliothèques, des musées le dimanche ou le soir, ne remettrions-nous pas le service public comme une solution, comme un espace à partager ?

Nos vies professionnelles comme familiales souffrent de trop de performance et de rentabilité. Générer des espaces pour créer et être en relation, c’est une mission qui relève d’une société démocratique et laïque. Si l’œuvre permet de construire un lien entre passé, présent et futur, d’installer la société humaine dans la permanence (comme disait Hannah Arendt), la pratique artistique porte aussi ses valeurs socialisatrices et émancipatrices. La séparation qui s’est trop souvent opérée entre œuvre d’art et pratique artistique s’est doublée d’une opposition entre professionnel et amateur. Il n’y a pas d’opposition, il y a des complémentarités à trouver, à construire, à porter.

Cela implique sans doute de questionner à de nombreux endroits la relation entretenue avec les habitants et les acteurs culturels en créant de nouveaux espaces d’échanges et de confrontation. La question de la relation entre les initiatives culturelles et les populations ne peut plus se satisfaire de voir l’augmentation de l’offre profiter à certaines catégories sociales ou générations. Nous devons non pas simplement ouvrir les portes, mais faire sauter les préjugés sur les catégories de population autant que sur les institutions culturelles, donner une place à toutes les expressions culturelles, celles issues des langues et cultures régionales comme celles issues de l’ailleurs ou de la contemporanéité.

 

3- Restaurer une ambition démocratique pour la culture qui ne se cantonne pas à la démocratisation

Il faut se parler et s’écouter pour se comprendre. Créer du commun implique d’élaborer plus largement les politiques publiques dans la transversalité mais aussi de mettre en relation des mondes sociaux qui interviennent dans la culture et ont été artificiellement cloisonnés. Co-construire ces politiques en transversalité et dans l’association des acteurs et des élus notamment aux travers de conférences territoriales, soutenir et réinventer les réseaux professionnels, donner une place à la parole des usagers : voilà qui permettra de sortir des routines professionnelles et administratives, de faire que les questions artistiques ne se restreignent pas à un univers d’experts et de renouveler les pratiques sans pour autant assujettir le secteur culturel aux seules problématiques sociales.

Pour cela, nous avons besoin d’artistes et de médiateurs partout ; c’est là une priorité à fixer notamment dans la coopération entre les collectivités et l’Etat. Et de ce point de vue, la baisse des budgets publics a eu des conséquences plus fortes sur les territoires où la présence de l’art et de la culture est plus fragile (banlieue, territoires ruraux…).

L’éducation artistique et culturelle n’a par ailleurs pas trouvé le souffle qu’avait permis par exemple le plan Tasca-Lang ; il est impératif de donner une place forte aux pratiques culturelles dans la réforme des rythmes scolaires en positionnant les services publics (bibliothèques, conservatoires…) comme les associations et lieux culturels. Pour pouvoir mieux agir, il faut aussi prendre en compte la montée en puissance de l’intercommunalité comme un enjeu déterminant dans la capacité à constituer des projets culturels sur des échelles territoriales nouvelles et plus adaptées aux espaces de vie, ce qui implique un accompagnement des Départements et des Régions. De même, les métropoles constituent une opportunité tant pour que des politiques culturelles spécifiques puissent être menées dans les quartiers (reconsidérant la culture comme un élément de politique de la ville) que pour que des complémentarités puissent être constituées avec des territoires périurbains et ruraux.

Promouvoir la diversité des expressions passe aussi par la diversité des personnes qui les font. Comme les deux Ministres de la Culture de gauche l’ont initié, la puissance publique doit donner l’exemple de cette représentativité aux postes clefs des institutions culturelles et des productions aidées. La marge de progression est large pour une féminisation, mais aussi pour une présence plus visible à des rôles ou des postes importants des personnes issues de l’immigration, même de la 2è, 3è et maintenant de la 4è génération. Démonter les préjugés culturels émaillant notre société permettra à chacun de faire des choix éclairés et non dirigés.

 

4- Mieux repartir la richesse dans les filières culturelles.

En 2003, le « PIB culturel » est, selon le MCC de 3.2% pour 57.8 milliards d’€. Les richesses y sont de plus en plus mal reparties et la concentration des moyens économiques est à l’œuvre.

Ainsi dans le cinéma, les salaires des quelques vedettes s’envolent et le CNC essaye tant bien que mal de réguler les budgets. Il en va de même dans la musique où le récent rapport de Christian PHELINE montre un secteur dénué de transparence, où faute d’autorégulation, notamment de la part des maisons de disques, les profits ont tendance à se concentrer entre quelques mains au profit du plus grands nombre et au détriment des artistes.

Il est urgent de répartir autrement la valeur dans la filière en modifiant les clefs de répartition de l’argent public (priorité à l’emploi et l’éducation artistique, à la transmission…), mais surtout en mettant en place des mécanismes de transparence, de meilleures gestions collectives afin de garantir la diversité artistique.

Gardons-nous que cela ne finisse comme dans le football, où, après l’arrêt Bosman et une coupe du monde remportée à la maison, on a connu une inflation délirante des salaires d’une minorité de footballeurs, des exilés fiscaux et une crise dans le football français.

 reb samen

 

Les travailleurs de la culture sont aussi des travailleurs à protéger.

Le régime de l’intermittence du spectacle n’est pas un statut d’artiste. C’est la possibilité pour les salariés du spectacle (artistes ou techniciens) de participer à la solidarité nationale des travailleurs en cotisant, puis le cas échéant, en bénéficiant de l’assurance chômage.

Depuis 2003, la vie des intermittents du spectacle travaillant dans des petites structures s’est grandement précarisée. Après la forte mobilisation de l’an passé, les intermittents commencent à être entendu après que le Premier Ministre ait promis d’entériner par la loi ces deux annexes que le MEDEF tente de faire disparaître à chaque négociation UNEDIC. La loi sur la création artistique doit être l’occasion d’un débat plus global sur les statuts des créateurs en confortant notamment les conditions de rémunération des auteurs et artistes plasticiens dont les activités ne sont que partiellement prises en charge par les lieux de diffusion.

Par ailleurs, le droit d’auteur est encore bien souvent mis à mal (des plateformes de partage sur internet au non-paiement ou non rétribution malgré le paiement de ces droits…) Nous devons le renforcer et le rendre plus simple d’accès pour les artistes et créateurs.

Il est certain que pas à pas s’est dessinée une culture à deux vitesses avec d’une part des groupes de l’industrie du spectacle cotées en bourse et de l’autre des artistes dont le travail et l’emploi reposent sur des structures associatives. Il ne faudrait pas croire que sous prétexte d’une forte valeur sociale, le travailleur culturel n’ait pas à avoir un revenu décent pour une vie décente. Ces emplois qui font la culture de proximité (donc sont ceux qui traversent nos politiques culturelles locales, comme l’éducation artistique et culturelle, les festivals estivaux etc…) ont besoin de systèmes inventifs quant aux modèles économiques qui les supportent. Des groupements d’employeurs aux coopératives, de l’apprentissage à l’entreprenariat social, des sociétés de redistribution de taxe parafiscale aux fonds d’aides à l’emploi (comme celui sur les cafés cultures)… les initiatives se développent pour accompagner différemment les métiers de la culture.

Le monde de la culture ne demande qu’à nous (re)montrer la voie de la coopération et du partage, souvent mis à mal par nos propres politiques pour des questions de champs de compétences ou de territoires. Sachons les écouter. Souvent, ils utilisent ce principe de Fraternité inscrit dans notre devise.

 

5- Faire de la révolution technologique une opportunité et non un problème

Les activités culturelles sont prises dans le maelström de l’évolution des technologies de création et de diffusion de l’art. De la même manière que l’invention de l’imprimerie ou celle de la photo et du cinéma, de la télévision et de la radio, ont bouleversé le mode de diffusion de la pensée entre les êtres humains, internet et la dématérialisation des supports ont modifié le statut des œuvres et des artistes. Leurs effets sont complexes : ils ont accentué l’individualisation des pratiques culturelles et la concentration économique de l’offre. L’accumulation des écrans n’a pas tué les salles de cinéma ou de concerts, ou même les musées ; il arrive même parfois que « plus on surfe, plus on sort ! ». Il n’y a pas à être pour ou contre les révolutions industrielles, mais il faut les accompagner. C’est donc dès l’école que cela se joue, c’est aussi dans les missions de service public confiées aux télévisions et radios.

En 2013, la mission Lescure avait essayé et réussi le périlleux exercice d’équilibre proposant de (ré)concilier les droits des créateurs et les droits des publics, sans pour autant tomber dans l’écueil de l’immobilisme. Il proposait notamment de rapprocher les revenus de la culture aux systèmes actuels de dématérialisation des supports. En effet, il est plus simple de taxer les pratiques de transferts d’œuvres actuelles (la possibilité de téléchargement) que d’interdire ces pratiques. A travers sa fameuse contribution sur les tablettes, il proposait de faire remonter de la valeur dans la chaîne de production de la culture, redynamisant par la même les principes redistributifs de celle-ci. Enfin, ce rapport se proposait de développer les licences sous creative commun afin de travailler sur la construction d’un véritable domaine public sur le net.

Ce rapport n’a malheureusement pas été suivi d’effet et quasiment aucune mesure n’en a été traduite ne terme de loi ou de règlementation.

Il est pourtant nécessaire, en matière de politique culturelle, de ne pas aller contre la modernité, mais de l’accompagner.

 

6 – Pour un nouveau Federal One

Lorsque dans les années 30, le Président des Etats-Unis mit en place des politiques volontaristes pour sortir son pays de la crise, il ne se contenta pas d’une politique de relance économique. Il lança aussi un vaste plan pour la vie culturelle de son pays : le Federal One. L’idée était de remettre une grande nation sur pieds, après avoir été projetée contre le mur de la finance qui s’écroule, pour retrouver un dessein commun.

70 ans plus tard, alors que notre pays connait une crise économique dont elle ne voit pas l’issue, et que vient guetter comme souvent la crise morale et citoyenne : lançons un Federal One en France et en Europe !

 

Celui-ci pourrait s’articuler autour de 10 points d’urgence.

AGIR.

  1. Augmenter la part de la richesse créée que l’on consacre à la culture, aux niveaux national et local, en revenant au 1 % du budget consacré au ministère de la culture et en garantissant aux collectivités territoriales les marges d’action nécessaires. Augmenter le budget que l’Europe consacre à la culture.
  2. Ouvrir une réflexion large sur le statut de l’artiste et adopter, enfin, une réforme efficace et juste du régime de l’intermittence, sur la base des propositions du comité de suivi.
  3. Faire de la réforme territoriale une chance pour la culture en préservant la clause de compétence générale et les moyens donnés aux collectivités. Et instaurer des conférences territoriales de la culture rassemblant élus, citoyens, professionnels de la culture, qui permettront d’impulser des projets de coopération culturelle sur les territoires.
  4. Faire de l’éducation artistique et culturelle un chantier prioritaire des ministères de l’éducation nationale et de la culture, doté de véritables moyens et pensé en cohérence avec la réforme des rythmes scolaires. Et pour inciter les artistes à intervenir dans les écoles, les rémunérer sur la base de cachets artistiques.
  5. Inventer de nouvelles formes de diffusion sur les territoires où manquent les équipements culturels, afin de garantir l’accès de tous au service public de la culture, notamment en travaillant avec les équipes artistiques sur des temps longs et en utilisant les ressources du numérique.
  6. Faire de la responsabilité sociale dans le champ culturel, un objectif partagé par tous avec comme condition donnée aux moyens et aux missions de service public des critères d’évaluations renouvelés qui prennent en compte les réalités locales, la participation des habitants et des partenaires éducatifs, sociaux et économiques…
  7. Proposer au niveau local et national de nouvelles organisations économiques des activités culturelles (avec les groupements d’employeurs, avec l’entrepreneuriat social et coopératif…) et promouvoir les réseaux interprofessionnels aux échelons locaux et nationaux.
  8. Construire l’Europe de la culture en y relevant le défi du numérique, par une stratégie européenne de diffusion et de protection des œuvres et des auteurs, pour lutter contre l’agressivité des multinationales nord-américaines.
  9. Engager une réforme en profondeur de l’audiovisuel français, en conditionnant les aides publiques, et en investissant dans la création par des contributions nouvelles, comme celle des services communautaires du Web ou une taxe sur les appareils connectés.
  10. Soutenir l’ouverture sur le monde en redonnant corps aux coopérations culturelles internationales, notamment à partir du réseau des alliances et des instituts français, et en inventant de nouveaux outils pour promouvoir la francophonie.

 

 

 

 

 

Real.

“Real” du #DirectPR à #Nabilla.

Nous sommes entrés dans un monde où le réel n’existe plus. Il a été remplacé par le real. Real-politic. Real-tv.
Toutes ces acceptions ont en commun aucun sens de la réalité.
Toutes ces acceptions se mélangent.
Elles nous font croire que la réalité serait monolithe.
Elles ont tort.

Un jour, en 1998 ou 1999, un de mes profs de cinéma à la fac nous a dit « ok, la finale de la coupe du monde, on vous dit que ‘tout le monde’ a regardé parce qu’il y avait 18 millions de téléspectateurs devant. OK. C’est énorme, certes, mais nous sommes 60 millions de français. Il y en a donc en gros 42 millions qui n’ont pas regardé. »
Et bien nous vivons comme si nous n’étions que 18 millions.
Nous vivons comme si l’économie n’était que le CAC40.
Nous vivons comme si la politique n’était que gestion.

Nous vivons petits.

Nous vivons sous le regard des autres, et la peur de leurs jugements.
Tout le temps.

Et ça nous rend moches et rabougris.

Je crois que c’était dans un roman de Djian que j’ai compris une chose : une femme est plus belle quand elle danse pour elle, les yeux fermés, sans rien chercher d’autre qu’être elle sur la musique là, à ce moment-là. C’était il y a longtemps. Le souvenir est flou mais son impression reste. Et c’est vrai. C’est quand on ne cherche ni n’attend le regard de l’autre que nous sommes les meilleurs. Vivre dans le présent. Pas dans le real, juste dans le présent.

Vers demain.

L'écran et le zoo. Olivier Razac. Ed. Denoël Essais, 2002. Remplacez "spectacle" par "politique". Bienvenue en 2014.

L’écran et le zoo. Olivier Razac. Ed. Denoël Essais, 2002.
Remplacez “spectacle” par “politique”. Bienvenue en 2014.

Les hommes politiques d’aujourd’hui ont pris le pli du Zoo Humain qu’est la télé réalité. Ils ne veulent plus être eux-mêmes mais répondre aux critères des sondages, des moyennes, des plans. Aux habitudes. Ils sont enfermés dans des cases, des habitus. Ils prennent les ‘vrais gens’ comme existants réellement. Mais personne n’est un ‘vrai gens’. Le ‘peuple’ c’est les autres.

« Il est toujours possible d’hypostasier ‘le peuple’ en identité ou bien en généralité : mais la première est factice, vouée à l’exaltation des populismes en tous genres ; tandis que la seconde est introuvable, telle une aporie centrale
pour toutes les ‘sciences politiques’ ou historiques. »
Georges Didi-Huberman, ‘Rendre sensible’ in Qu’est-ce qu’un peuple ?
La Fabrique éditions, 2013.

Être soi pour parler au monde. Voilà ce qu’il faut retrouver. Voilà ce que certains cherchent. Et le monde choisira ce qu’il gardera.
Écouter. Imaginer. Vouloir. Essayer. Recommencer.

Notre société change au-delà de ce que nous imaginons. Le Peuple, parce que non monolithe, trouve des solutions alternatives. Les classes moyennes paupérisées ont les ressources intellectuelles pour pallier à la baisse de leurs ressources financières. La société éduquée va vers un monde où la consommation n’est pas une fin en soi. Et jusqu’à présent, c’est la bourgeoisie qui a fait renverser les modèles. La classe ouvrière a construit le monde du travail et de la solidarité, mais c’est la bourgeoisie qui a construit la société.
La bourgeoisie appauvrie peut donc rejoindre la classe ouvrière, si ce n’est dans un partage des habitudes, au moins dans la construction d’un monde commun, fait de partage et de nouvelles habitudes.
La nouvelle lutte des classes peut-être entre les passéistes et les visionnaires. Les pauvres qui voudraient que la richesse ne soit plus maîtresse du monde sont des visionnaires, et les riches accrochés à leurs cassettes… non.

Nous devons laisser le real à sa place : dans la société du spectacle médiatique, du divertissement bourdieusien c’est-à-dire du parler d’autre chose pour ne pas évoquer le fond du problème. Nous devons laisser Nabilla, Closer, et le manque d’ambition (politique) imaginaire pour le monde, au fond de notre tiroir à chaussettes seules. Tout au fond.
Il n’y a pas plus de qualité dans la real-politic qu’il n’y en a dans la real-tv.

Sortons.

Allons voir de la danse contemporaine. Allons voir de la poésie sonore. Allons voir notre paysan, notre boulanger. Trouvons les filières courtes qui rapprochent les gens au lieu de rapprocher les choses. Lisons. Allons là où la masse n’est pas.
Nous verrons le monde.

Et regardons dehors. Là est le réel.

 

silence écoute

« Le silence, dit Meschonnic, est une catégorie du langage. Et il définit le rythme comme l’organisation du mouvement de la parole dans le langage. Ça n’a rien à voir avec la rapidité ou la fréquence. »
Claude Régy, L’Ordre des Morts, 1999.

pavésEchanger pour changer.
27 septembre 2014.
La Bellevilloise.

Une pierre sur le chemin…

C’était une réunion sur la parole. Sur la parole donnée, sur la parole émise, sur la parole trahie, sur la parole empêchée. La “société civile” avait la parole. Alors ils sont venus rappeler aux socialistes qui avaient fait la démarche de venir les entendre, que nous n’avions collectivement pas tenu notre parole.
Ils s’en excusaient presque puisqu’ils savaient que les socialistes présents en souffraient autant qu’eux, différemment, mais autant.
Alors ils se sont levés, un par un, pour émettre une parole qu’en période de campagne nous sollicitons mais n’écoutons pas, qu’entre deux campagnes nous tentons d’éviter. Une parole d’acteurs de la vie.
Comme nous, militants, mais ailleurs.
Et pour une fois, ils avaient le pouvoir : ils avaient le micro.

Pouria Amirshahi leur et nous a dit bonjour. Puis leur et nous a dit merci. Et n’a rien dit d’autre.
Barbara Romagnan, Fanélie Carey-Conte, Cécile Duflot, Emmanuelle Cosse, Pierre Laurent, Emmanuel Maurel, Jérôme Guedj, Guillaume Balas, Pascal Cherki, Daniel Goldberg, Michel Pouzol, Christian Paul, Jean-Marc Germain, Frédéric Hocquard, Capucine Edou et les autres se sont tus. Parole empêchée, écoute activée.

Ils ont écouté.

“Quand on commence à faire des compromis avec les mots on continue à faire des compromis avec les principes et ça finit toujours mal.” Lénine.
Voilà avec quelle citation Gérard Miller, psychanalyste, nous laissait. Il nous avait salués en citant la chanson de Dalida : ‘Paroles, paroles’ pour donner le ton…
Aujourd’hui nous ne nous parlons plus, donc nous ne nous écoutons plus. Nous sommes une société de postures. Miller a raison : nous avons « abandonné un certain type de discours depuis la chute du mur de Berlin, [nous avons] adopté le langage de nos adversaires. Aujourd’hui les socialistes sont inaudibles quand ils parlent des chômeurs ou des roms mais très audibles quand ils parlent au Medef. »
Edwy Plenel a posé une parole non pas de passé triste mais d’espoir naissant : « les “frondeurs” nous invitent à faire comme eux, c’est-à-dire ne plus se lamenter, mais sortir de TINA, chercher un chemin… Inventer ce chemin vers le futur… Trouver le phare qui va l’éclairer. »
Philippe Torreton appuie sur le même point : « Si le débat ne se fait pas, libre à nous de le faire quand même !! »

Ils nous autorisent, car nous y accompagneront, à la parole recouvrée.
Non, pas la parole négative critique ou délétère, la Parole. Le son qui sort de son corps pour lier sa pensée à celles des autres. Retrouvons la phasis, nous redeviendrons en phase avec le monde.

Il n’y a rien de révolutionnaire, juste la permission de s’écouter au-delà des étiquettes, au-delà des habitudes… Juste s’écouter…

« Sans bruit, avec délicatesse, la réalité exacte laisse apparaître qu’elle n’est pas du tout une réalité finie. »
Claude Régy, L’Ordre des Morts, 1999.

Retour(s) de La Rochelle

Le ciel est gris mais clarteux.
Voilà. C’est comme ça.

Le ciel est encombré, plein de nuages, des promesses d’orages. Mais la lumière nous éblouis.

Ne soyons pas trop éblouis. N’ayons pas peur de l’orage.
L’orage passe. La nuit vient. Puis le jour. Puis la nuit. Puis le jour.

ViveLaGauche (c) Le Monde

La réunion « Vive La Gauche » samedi matin n’était ni un début, ni une apogée. C’était un rendez-vous.

Ce n’était pas un début parce que les députés n’ont jamais commencé. Des députés qui décident d’amender des textes proposés par leur propre majorité, il y en a toujours eu. Ce qui n’existait pas, c’est qu’ils se réunissent en collectif que, in fine, soient obligés de rendre public le rapport de force.
Collectif, donc.
Collectif car sans chef. Sans chef car là n’est pas la question. L’urgence n’est pas au leader mais à la direction : la voie à prendre. La leur est simple : la feuille de route des élections de 2012. Une feuille de route, une direction, collectives. C’est tout.

Ce n’était pas une apogée non plus. Parce que l’apogée, c’est arriver tout en haut pour redescendre. Ça monte tout droit vers le ciel telle une fusée de feu d’artifice, ça pétarade, et ça retombe doucement en laissant quelques traces et de beaux souvenirs. Samedi, ce n’était pas une apogée : c’était une étape. Je me souviens du vote du TSCG à l’automne 2012 lorsqu’on avait dit que ceux qui ne l’avaient pas voté ne comprenaient rien à la real-politique. Je me souviens de Jérôme Guedj alors encore député qui expliquait la nécessité de devoir faire attention avec la création du CICE, qu’on pourrait mieux le cibler par exemple.
Ce n’était pas une apogée, parce que Vive La Gauche n’est pas une explosion mais un joli crescendo. Un chant entonné sur un chemin de campagne à la lisière du bois qui à l’entrée de chaque nouveau chanteur, prend de l’ampleur.
Et ce n’est pas un coup médiatique, parce que pour faire un coup de pub, il vaut mieux être tout seul. La couverture est plus facile à tirer à soi : elle est moins lourde. Un collectif, ce n’est pas un coup.

C’était un rendez-vous. C’étaient nos PARLEmentaires qui venaient nous parler. Et nous voir. Vérifier que nous existions vraiment, que nous étions vivants. C’était un rendez-vous où ils venaient vérifier qu’ils devaient continuer. Et où nous avons dit « oui ». On suit. Pas de problème. On a envie. Oui !

C’était un chemin de traverse de l’Université d’Eté du Parti Socialiste. Mais il y a eu sur la ‘grande route’ socialiste beaucoup de paroles dites. Et beaucoup allaient sur la même voie/x, une par une, voie qui n’est que celle du programme de François Hollande en 2012 : se battre pour une plus grande justice sociale. C’est tout.

Et la parole se libère. Il y a deux ans, il n’y avait que l’aile gauche qui osait dire tout haut que la politique menée n’était pas légitime, pas celle prévue. Et alors que Maurel, Lienemann, Guedj et leurs camarades ne baissaient pas les bras, on tentait de les leur tordre. Ces derniers jours, même les anciens ministres l’ouvrent, cette voie. Mais à un ancien ministre, on ne tord pas le bras. Tout juste on tente de couvrir sa voix.

Évidemment, elle est légale cette politique. Il n’y a pas de putsch, il n’y a pas de défaillance institutionnelle. Il y a une défaillance dans nos institutions, ce n’est pas la même chose. Personne ne triche, mais les règles ne fonctionnent plus. Lorsqu’on sait que les règles sont mauvaises, on tente de les transcender. On discute, on débat, on négocie : on s’arrange. On l’a souvent fait. Mais là aucun équilibre n’est plus possible, aucune écoute, aucun travail en commun, aucun esprit de complémentarité. Il y a un refus de trouver un équilibre entre la chèvre et le chou. Aujourd’hui, il n’y a plus que le loup.

Alors oui, la semaine passée est la semaine qui rend obligatoire la clarification. Il n’y a pas de guerre à faire, il n’y a que des choix à valider. Ce n’est pas si grave. Aucun combat. Aucune bataille. Sauf si nous devions avoir à combattre même pour avoir la possibilité de valider ces choix et de ce fait combattre pour redonner un esprit démocratique à notre parti.

Père de la vérité.

falling-skies tom mason 2Falling Skies.

 

Auctoritas, du latin auctor et itas père et vérité – racine du mot autorité.

Faire preuve d’autorité, c’est détenir une Vérité, dans sa complexité.
Faire preuve d’autorité, c’est avoir prouvé détenir la vérité et donc pouvoir bénéficier de la confiance des autres lorsqu’une parole est dite.
Faire preuve d’autorité, c’est savoir et protéger quand même.
Faire preuve d’autorité, c’est non pas exercer un pouvoir sur les autres, mais exercer un pouvoir pour les autres.

Connaître (naître avec)
Comprendre (prendre avec)
Réaliser (rendre réel)

 

Augmenter la fondation.
Auctoritas
vient du grec augerer : augmenter la fondation.

Hannah Arendt - augerer

Hannah Arendt – “La crise de la culture“, Ed : Folio, 1972, p190

 

Être un chef, c’est ça. C’est protéger le groupe dont on est chef, pour lui permettre de se développer et de donner le meilleur de lui-même, individuellement et collectivement, pour que l’ensemble se développe. Enfin, l’idée, ce serait ça. Être chef, qui plus est de gauche, ce serait ça idéalement.

Être chef c’est aimer et avoir confiance en son équipe.

Être un bon chef, c’est avoir une équipe qui se sourit et qui est une force de frappe même en son absence, et pas forcément au nom du chef, mais au nom du groupe voire simplement au nom de la cause défendue ensemble.

 

Alors toi qui voudrais être mon chef, toi, là, qui pense être à la tête d’un groupe dont je ferais partie, ou qui souhaiterais le faire, tu dois d’abord te demander sur quelles fondations tu le fais. Tu n’as pas le choix. Pour nous faire avancer tous ensemble, tu dois nous dire non pas comment on y va, mais où on va. On va te faire confiance si, et seulement si tu décides d’avoir confiance en nous. Nous en groupe. Nous ensemble. Nos décisions. Notre survie.

Et d’ailleurs, en fait, nous ne t’acceptons toujours qu’après avoir choisir une direction. Un but. Une raison de te mettre à notre tête :

 Ceux mêmes qui commandent sont les serviteurs
de ceux à qui ils paraissent commander.

St Augustin.

à écouter impérativement : Pouvoir, autorité et légitimité
http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-pouvoir-autorite-et-legitimite-2013-04-19

Réalité / confrontation au monde.

Réalité - littré

 

La réalité, c’est ce qu’on en veut. La réalité globale, nous ne la comprendrons jamais. Je suis assise. Je comprends ce geste. Mais est-ce que je comprends la réalité physique de la pression que j’inflige au siège sur lequel je suis ? Est-ce que je comprends la réalité biologique complexe du geste, du fait d’être assise ? Est-ce que je comprends l’histoire qui m’a permis de m’asseoir là, aujourd’hui, maintenant ? Est-ce que je comprends toute l’évolution qui a transformé ma race, ma terre ?

Non. Ma réalité est d’avoir choisi ces vêtements ce matin, ce canapé il y a plusieurs années, éventuellement… Ma réalité, c’est de penser ces mots et de les taper sur mon clavier. Éventuellement, d’y avoir pensé un peu avant. Très peu de me demander ce que vous en diriez, vous en penseriez en les lisant. Le réel, c’est ce que nous rendons intelligible et important dans notre présent. Le présent, c’est ce qui se trouve entre notre mémoire immédiate et notre futur préhensile.

Notre réel, c’est ce que nous voulons bien voir, penser, imaginer.

 

Alors la real-politic, est sans doute une manière de voir le monde. C’est tout. C’est une étiquette de validation de questions automatisées aux réponses prémâchées par l’histoire proche, dans l’immédiateté impensée, dans un futur qui ne peut s’éloigner de ce que nous connaissons. C’est un geste réflexe.

Mais la réalité est autre.

Truth is anywhere.

Ce n’est pas « la vérité est ailleurs » mais la vérité est n’importe où.

La vérité est là où vous êtes.

 

La real-politic, c’est ce qui nous est imposé par on ne sait qui. C’est un totem. C’est une réalité qui a trait à la réalité du corps du Christ dans l’Eucharistie. Tu as le droit d’y croire. Mais dans une République laïque, tu ne devrais pas avoir le droit de l’imposer.

 

Aujourd’hui, la crise nous force à prendre nos responsabilités. Et la responsabilité ne peut pas être de baisser la tête pour continuer sur la voie qui nous a mis dans le mur. La responsabilité des hommes et des femmes politiques aujourd’hui est de lever la tête et de voir ces citoyens qui font fonctionner la terre sans eux. La cohérence de l’homme politique, c’est de conduire le monde là où il sera meilleur. La cohérence de l’homme politique de gauche est que ce meilleur soit plus juste, pour chacun.

 

La force de l’homme politique, c’est sa capacité à se battre pour des idées.

 

La réalité aujourd’hui, est de moins en moins libérale. Le peuple n’en a plus les moyens. Alors il y a du troc, de l’entraide, des fripes, des AMAP, des circuits courts, des dons… parce que si la puissance publique de gauche ne le fait pas, le peuple de gauche s’en chargera.

Et pas que de gauche, d’ailleurs.  

 

L’homme politique responsable regarde le monde dans lequel il vit. Et il propose autre chose. Une autre politique : gérer autrement le monde et faire de la politique autrement. Là est la real-politic : la politique tirée de la réalité.


Précédemment publié le 12/07/2014 sur http://charlotpicard.tumblr.com/post/91546455045/realite-confrontation-au-monde-la-realite

Sans voix ?

Sans oreilles.

Sans mains.

Sans parole.

Sans voix.

Nous demandons l’impossible, et nous nous étonnons de ne pas le recevoir.

Nous demandons le grand écart, sans spectacle, sans lumière, sans bouquet. Et nous nous étonnons de la défection.

Nous demandons l’adhésion à l’inexpliqué continent, dont on avait dit qu’on refuserait les règles, que nous avons quand même adoubées, union que nous n’aimons que comme une vieille maîtresse : par obligation, avec dépit. Et nous nous étonnons du désamour.

Nous demandons la force de l’autorité aveugle. Nous sommes, donc vous suivrez ! Mais sans offrir la protection, l’autorité n’est jamais données. Là est la politique de l’offre et de la demande. Je t’offre ma protection, tu me donnes de l’autorité. Aujourd’hui, nous offrons une décomposition de la protection, et nous faisons les gros yeux fixes et méchants de l’autorité. Et nous nous étonnons du manque d’écho, de prise.

Nous demandons la confiance. Non, nous oublions même de demander la confiance, nous faisons comme bon nous semble, sans se préoccuper de ce qui fut dit. Nous oublions que le XXIème siècle est celui où la moindre parole est écrite, enregistrée, numérisée et donc à portée de main, de souvenir et de comparaison. Nous défaisons constamment notre parole et nous demandons la confiance sur celle en cours. Et nous nous étonnons que cela ne prenne plus.

Nous sommes donc dans une belle jaguar. Au point mort. Avec les mauvaises clefs.

La société a des clefs. Plein de clefs. Le monde avance sans la politique. On peut lui faire confiance. Il vit.

Ouvrons les yeux. Écoutons non pas les sondages, mais les idées de demain qui se trament aujourd’hui.

Un politique, c’est un visionnaire, pas un gestionnaire.

 

précédemment publié le 26 mai 2014 sur http://charlotpicard.tumblr.com/post/86883273440/sans-voix

Dés-ordres.

Je te donne ma voix pour avoir ta parole.
Suffrage Universel :
Je te donne ma voix pour avoir ta parole.

Principe simple. Parole donnée. Attendre les faits. Tic tac tic tac tic tac. Attendre les faits. Tic tac. Voir les fails. Toc.

La parole est ce qui reste quand le reste ne tient plus. Ce à quoi on s’accroche quand le temps est trop long. Un espoir infini, parce qu’elle fut donnée.

Le XXIème siècle est spirituel : il a rendu impossible l’insulte à nos esprits. Il a rendu impossible l’outrage à la vérité.
Nous sommes en train de vomir le trop plein de communication vide & vaine. Nous sommes en train d’annihiler l’automatisme de la réponse. Aujourd’hui, nous pensons. Nos esprits fonctionnent. Et c’est donc devenu plus compliqué.

Écouter.
Entendre.
Apprendre.
Comprendre.
Dire.
Faire.

La nouvelle voie de la voix du peuple.

Retrouvons nos oreilles. Maintenant.

 

déjà publié le 13 avril 2014 sur http://charlotpicard.tumblr.com/post/82614444720/des-ordres