J’ai adhéré il y a 10 ans au Parti socialiste, j’y adhérais parce que je voyais le monde changer et le parti de ne pas bouger. Le parti pour lequel je votais systématiquement au moins au 2e tour, me semblait figé.
Depuis, il a bougé.
Depuis, il s’est pris des grandes claques, par les électeurs et par la politique en général. Alors, il a bougé.
Il aurait pu bouger avant mais il lui fallait une nouvelle équipe et une prise de conscience réelle pour pouvoir le faire. Cette nouvelle équipe elle est incarnée par Olivier Faure, notre actuel Premier secrétaire national, qui est arrivé premier jeudi dernier, avec le plus grand nombre de voix socialistes.
Alors oui c’est assez insupportable pour certains, en fait c’est assez insupportable pour ceux qui souhaiteraient continuer “comme avant”. Je comprends qu’ils ne comprennent pas.
Ce que je pense aujourd’hui c’est que nous devons sortir de nos habitus et entrer dans le XXIe siècle. Ce que je comprends aujourd’hui c’est qu’un nouvel élan vient enfin de recommencer à avoir confiance, ou plutôt de recommencer pouvoir avoir confiance dans le Parti socialiste. En parallèle, la gauche a sans doute enfin compris que sans le parti socialiste elle ne reviendra pas au pouvoir. Ce sont deux victoires. Deux batailles victorieuses pour pouvoir après gagner la guerre contre le néo-libéralisme, et surtout contre le fascisme.
Je suis fière du parti que nous avons reconstruit ces dernières années. Pas parce qu’il est parfait : rien n’est parfait en ce monde. Mais parce qu’ils écoutent, ils écoutent les pauvres et ceux qui le deviennent, ils écoutent les cris qui viennent de la rue, ils cherchent le meilleur chemin possible, et ils prennent en compte ce que les électeurs disent dans les urnes.
Nous nous faisons traiter de tricheurs par les mêmes qui ont réussi à faire 150 % de votants en plus sur un seul département par rapport au vote du dernier congrès et de l’investiture d’Anne HIDALGO. Nous nous faisons traiter de fossoyeurs du Parti socialiste par des gens qui ont vu les défaites s’accumuler et qui n’ont rien souhaité changer à leurs méthodes, ni locales, ni nationales.
Les électeurs nous ont dit, dans les urnes d’abord, qu’ils veulent une gauche forte, alors ils ont utilisé ce que nous les socialistes nous avions inventé : le vote utile. Les électeurs nous ont dit ensuite que l’union de la gauche, même avec LFI, c’était OK. Mais les électeurs du deuxième tour ont aussi dit que c’était plus facile avec le Parti socialiste qu’avec les autres. Évidemment, lorsque le centre doit voter à gauche contre la droite dure ou extrême, ils ont moins peur de nous, socialistes.
Lorsque nous sommes à terre et que nous voyons des mains se tendre vers nous, il faut sourire au lieu de leur cracher dessus. Ce que l’équipe si disparate autour de Nicolas Mayer-Rossignol, avec tant de gens qui se haïssent, des gens qui ont refusé de financer la campagne d’Anne HIDALGO un peu partout en France, mais qui maintenant expliquent à qui mieux mieux que le Parti socialiste ne l’a jamais défendue et que c’est pour ça qu’il faut virer Olivier Faure, ceux qui expliquent que l’union de la gauche est importante, ceux qui expliquent qu’il est hors de question d’aller avec toute la gauche, ceux, en fait, qui veulent juste rester maîtres chez eux… Ceux ci n’ont pas compris ce que les Français avaient dit.
Alors jeudi, chers camarades, si vous pensez que le parti doit continuer à avancer vers le présent, allez voter Olivier Faure dans toutes les sections de France. Le vote est secret, même si quelqu’un vous intime l’ordre de voter pour quelqu’un d’autre, votre vote est secret et il est à vous !
Et si vous n’êtes pas militant socialiste et que vous lisez cela, et que cette situation vous casse les pieds, au lieu de râler : adhérez!
J’interviens aujourd’hui dans la suite de mes collègues, mais avant de vous parler de la délibération elle-même, j’ai un autre problème à porter devant vous, un peu plus général : il concerne l’exercice démocratique en tant que tel. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il ne nous a été permis de lire cette délibération que six heures avant la commission culture, et il fallut la demander deux fois aux services qui n’étaient pas en capacité de la mettre en ligne avant passé midi pour 18h. Si nous voulons pouvoir être une opposition utile à Metz, monsieur le Maire, je pense que la règle des 48h en amont imposée aux services par M. THIL est une bonne règle : elle nous permet de concilier notre vie professionnelle et notre travail d’élus. Je pense bien que les services avaient tout mis en place pour répondre aux exigences de leur élu, il fallut donc que cela coince ailleurs. Et j’imagine que vous n’êtes pas non plus sans savoir que les derniers conseil d’administration et comité de surveillance de Metz en Scène et de l’Orchestre se sont tenus en 60 minutes chrono. Il nous fut enjoint de ne pas poser trop de questions pour garder le quorum jusqu’à la fin des délibérations, et, tenant à ces deux entités et à leur bon fonctionnement, nous obéîmes. Nous n’avons, monsieur le Maire, posé aucune question pour permettre à ce CA et CS de se faire jusqu’au bout et aux décisions nécessaires à la bonne direction des établissements d’être validées. Ce que je compris trop tard et m’étonna grandement, me laissant, moi, coite durant cette réunion, c’est que cette urgence n’était pas due à des questions techniques ou professionnelles des uns ou des autres, non, elle n’était due qu’à un meeting de campagne des régionales où la partie des membres du CA et CS de Metz en Scène et
de l’Orchestre venant de votre majorité devaient se rendre. Vous voyez, je ne suis pas une grande pourfendeuse du non cumul des mandats, parce que je sais que les électeurs aiment voter pour ceux qu’ils connaissent déjà, et nous l’avons encore une fois bien vu durant ces dernières élections. Mais savoir que nous avons pressé du personnel qui travaille en notre nom pour le public, savoir que l’opposition n’a reçu les documents qu’à la dernière minute, parce que la campagne était trop prenante pour votre équipe et pour vous, me ferait presque réviser mon avis. Je vous félicite, monsieur, pour votre poste de Vice Président du Conseil Régional du Grand Est, et j’espère que ce n’étaient que des effets de campagne et que le travail à la ville de Metz ne devra pas payer le cumul des pouvoirs de ses membres. Monsieur le Maire, ceci étant dit, si vous le permettez, deux points rapides sur cette délibération précisément. Je vois que le réseau LORA garde une subvention de 4000€, mais qu’elle est divisée en 3000€ de fonctionnement et 1000€ de projet. Il y a donc bien une baisse de 1000€ de fonctionnement, et vous savez que depuis la LOLF, l’un de remplace pas l’autre : une frontière les sépare. Y a-t-il une justification pour cette baisse ? J’aimerais, puisque pour l’instant nous ne savons pas exactement ce que deviendra Constellations l’an prochain, que nous ayions en tête que les arts visuels ont une existence à l’année à Metz, depuis fort longtemps, même avant et en dehors du Centre Pompidou Metz. Une existence d’une grande qualité artistique et pédagogique, si nous ne les laissons pas sur le bord de la route. Je tiens donc à saluer le soutien que vous apportez à Faux Mouvement et voudrais que vous sachiez qu’en tant que membres de la commission culture, nous sommes à votre disposition pour toute réflexion nécessaire à la refondation de ce projet, le cas échéant.
Parfois, en amitié, il faut savoir se dire quand ça merde. Et même si nous ne sommes pas vraiment amis, je ne peux rien contre la dose d’affection que j’ai pour toi et que j’espère réciproque. Donc voilà.
Cher Benoît,
Si nous ne faisons pas campagne ensemble contre les autres, nous serons obligés de faire campagne l’un contre l’autre. C’est d’un idiot…
Nous sommes dans une impasse politique car nous ne faisons pas de politique, là, mais de la tambouille affective. Les militants de ton mouvement n’ont pas confiance dans celui qui fut le nôtre. Les militants du mien ne veulent plus rien avoir à faire avec ceux qui sont partis pour de mauvaises raisons, sans assumer la défaite commune.
Certes. Nous en sommes là.
Mais cela ne concerne que la France. En Europe, notre bilan commun est différent.
Je sais, tu vas me dire que la Délégation des Socialistes Français a voté pour Juncker au début du mandat, en 2014. OK. C’est le jeu des négociations : lorsque ton groupe a réussi à avoir des positions (très) favorables, tu votes le paquet. Tu le sais. Est-ce que ça m’a réjouit à l’époque ? Point du tout. En plus, en Moselle, on connaissait bien Juncker et je savais que c’était une mauvaise idée. Mais moi je soutenais à ce moment là un socialiste maintenant parti dans la galaxie LFI qui avait, lui, voté contre, contrairement aux eurodéputés de ton parti actuel.
2014. Si je ne m’abuse, le printemps 2014, entre les municipales et les européennes, c’est le moment où toi, personnellement, engageant là dedans tous ceux qui te suivent avec loyauté et ferveur, tu as signé avec Montebourg un pacte de génération avec un certain Manuel Valls qui resta Premier Ministre bien après que vous partîtes des ministères que vous aviez réussi à arracher avec ce pacte, non ?
Tu vois, 2014, c’était il y a une éternité. Ou pas. Tu vois, on peut compter les points. Ou pas.
Mais parlons plutôt de ce qui concerne cette élection qui arrive si vite : les européennes. Pourquoi devons-nous y renvoyer certains des eurodéputés français de gauche qui y sont en ce moment ? Pour moi, et je sais que ton sens politique partage cette analyse avec moi, c’est parce que les sociaux démocrates (ce n’est pas un gros mot que de désirer un socialisme non dictatorial) français qui y sont élus aujourd’hui furent moteur, avec d’autres, de ce qui est sans doute la plus grande avancée politique pour la gauche européenne et donc pour les citoyens européens depuis sa création : ils ont créé un Progressive Caucus.
Depuis le début des années 80, les conservateurs ont leur caucus, leur groupe de droite conservatrice qui écrase toute velléité de gauche. Il a fallu tout ce temps pour que la gauche crée le sien et il n’est, malheureusement, qu’à ses premiers pas. Il pourrait chuter vite et pour longtemps si on n’y prend pas garde.
Si tu penses à l’Europe, et non aux affects internes à la politique française, crois-tu vraiment pouvoir éviter le groupe S&D, quel qu’il soit, dans ce Progressive Caucus ? Tu sais bien que les Verts européens sont parfois plus à droite que nous, et pourtant il ne te viendrait pas à l’idée de les en rejeter ou de rejeter une main tendue par Yannick Jadot…
Le temps n’est pas à la construction ou reconstruction de nos mouvements politiques nationaux sur le dos d’une élection, le temps est bien plus important que ça : il est à la construction d’une gauche européenne qui apprenne à s’organiser pour protéger les citoyens européens. Notre question aujourd’hui est : voulons-nous que la gauche française pro-européenne participe à ce Progressive Caucus et à sa construction ou en avons-nous rien à faire ?
Je n’ai pas envie de faire campagne avec les membres de ton mouvement qui, à longueur de tweets et de posts facebook semblent ne faire qu’une chose de leur journées : nous cracher au visage. Aucune envie. Je suis fatiguée de cela. J’avais déjà vécu cela juste après mon adhésion au PS en 2012 lorsque tu les fis adhérer à la grande motion majoritaire qui allait de toi à Valls (encore lui) et où ils passaient plus de temps à m’expliquer que Maurel et Lienemann ne comprenaient rien et que nous devions disparaître car nous n’existions pas vraiment (!) plutôt que de construire une réelle convergence interne et des barrages à Valls ou Macron. Je suis très fatiguée de cela et des échecs politiques que cela a collaboré à créer. C’est de la politique de batailles pour oublier où est la vraie guerre, où est le vrai sujet. C’est de la diversion injustifiable. Fatiguée de cela, je l’étais, tu le sais. Cela ne m’a pas empêchée de te soutenir lorsqu’il le fallait. Fatiguée, je le suis encore plus maintenant. Et avec ma fatigue vient ma colère.
Colère. Parce que le sujet n’est pas là. Que la misère ne se bat pas minorité contre minorité. La misère se bat minorités contre majorité. Je ne veux pas faire partie de la plus jolie minorité, la mieux décorée, la plus contente d’elle. Je veux faire partie de la majorité, pour labourer la terre de fond en combles, semer et récolter. Je veux voir la droite libérale et financière amoindrie au sein du Parlement Européen. Je veux voir une Europe qui pense protection des êtres avant protection des avoirs.
C’est pour ça que je me suis engagée au Parti Socialiste : parce qu’il me semblait ne plus voir les petites blessures qui font les grandes souffrances de la misère, pour le réveiller. Et je t’ai secoué, comme d’autres, avec d’autres. Et si tu veux une confidence étrange, pour ma première intervention face au CN en décembre, j’ai été comme d’habitude : un peu trop fort mais sincère. Crois le ou non, mais les gens en face de moi, toutes micro obédiences socialistes confondues, ont écouté et entendu. Le parti change depuis non pas votre départ, mais tous ces départs. Nous le savions au tout début des frondeurs : nous avions vu la chute avant 2014, ils ne nous croyaient pas, mais ils étaient simplement en retard, aveuglés ou apeurés. Tu es parti trop tôt pour le voir, mais je te le dis : nous avons quitté le cimetière des éléphants.
La Délégation des Socialistes Français en est la preuve par le travail. Arrivée si petite en 2014, elle a su, à force de batailles et des débats, bouger accepter et changer et surtout, influer sur le travail du Parlement Européen. Parce que c’est cela qui compte : ils l’ont fait. Ils ont fait ce qu’ils ont pu là où ils pouvaient, et souvent plus que ce qu’on osait espérer. Qui aurait dit que le Progressive Caucus allait naître là, tapis entre les hollandais pur jus, les strauss-kahniens, les sans autre avis que la majorité et que la Radicale que nous avions avoir élue en serait une vraiment de gauche ? Qui l’eût cru ?
Perfectionniste, j’aurais aimé plus, mieux, plus clair – et ils le savent. Comme toi en tant que ministre, tu aurais aimé faire plus. Mais regardons ce qui a été fait : faut-il l’oublier, l’éradiquer ?
Sur chacune de nos propres listes il y aura des gens qui n’auront pas confiance les uns dans les autres, alors quoi, on lance des listes composées uniquement d’amis ? Ou on fait de la politique : savoir quel est l’intérêt commun et trouver les meilleurs moyens de le mettre en œuvre ? Je n’ai pas envie de faire campagne avec vous, le mépris de vos plus proches camarades face à nous qui sommes resté dans notre parti qui fut commun est difficilement supportable et il n’a d’égal que le mépris affiché par certains de tes cercles durant la présidentielle, et le reste du temps… Mais je passerai outre ce manque d’envie parce que les européens, les français en Europe, ont besoin que nous fassions campagne ensemble et non les uns contre les autres en ayant peu ou prou les mêmes promesses, les mêmes buts. Et les buts du Parti Socialiste sont clairs. Ils sont écrits, adoptés par le Bureau National depuis septembre, ils sont la base de la négociation d’un projet commun et sérieusement, ils pourraient avoir été écrits par toi.
Je t’écris aujourd’hui pour te dire cela : ce n’est pas une campagne d’amour entre nous que nous appelons de nos vœux, mais une campagne d’amour pour les européens et l’Europe, pour qu’elle ne crève pas de manger ou de respirer, étouffée par les milliards d’avoir enfermés dans des coffres, et que ce combat ne supportera aucun retard. Prenons nos responsabilités en disant “oui, ok, comment ?”, ce sera moins dur à porter dans 20 ans quand on répondra aux questions des “historiens de la chute”. Nous avons déjà dû prendre nos responsabilités à d’autres moments, contre vents et marées, contre le TSCP sans toi ou la déchéance avec toi. Nous n’avons pas toujours réussi mais nous avons au moins l’honneur d’avoir essayé.
Je ne veux pas faire campagne contre toi, contre Guillaume Balas ou Isabelle Thomas. C’est stupide. Et vous le savez bien. Et je ne veux pas non plus les voir disparaître du Parlement Européen. Ils ne sont pas les seuls, mais on a besoin d’eux, tu le sais.
C’est pas perdu puisque tu m’aimes Un peu moins fort, quand même
Pas à cause des élections mais à cause de la réponse (non) faite après ces élections.
Je suis fatiguée du déni. Le pouvoir nie alors qu’il devrait révéler. Nier, c’est faire disparaître. Je me souviens d’une prise de parole du Premier Ministre, notre camarade Manuel, venu annoncer à la tribune du Conseil National, fin 2014 “La Gauche va mourir”. Quelqu’un dans la salle a scandé “et c’est toi qui la tue”.
Nous savions. Nous savions tout. Et nous avons laissé faire.
Je ne vais pas vous parler des frondeurs. Depuis octobre 2012 ils sont sur le pont, ils sont épuisés. Mais ils sont loyaux et dignes. S’ils écoutaient les militants qui les soutiennent, ils demanderaient la démission de Manuel Valls voire celle de François Hollande, tant on n’en peut plus sur le terrain des trahisons aux promesses voire aux valeurs, et du regard des citoyens qui les accompagne, et ce depuis le résultat cataclysmique des européennes juste après celui catastrophique des municipales. Mais non, ils sont socialistes, ils passent par les instances.
Instances qui nous trahissent mais qu’il ne faudrait pas trahir.
OK.
Non, je vais vous parler des 289 (- 11 à 43) députés socialistes élus sur un programme et qui ont voté :
Le traité Merkozy et son pacte de stabilité et ses instances européennes antidémocratiques
L’ANI et sa flexi-sécurité
Le Pacte de Responsabilité et son CICE (que même l’UDI et la CGPME trouvaient injuste et inefficace !!)
La Loi Renseignement et ses folies sécuritaires
L’Etat d’urgence et la création d’un nivellement de la citoyenneté française…
ad lib…
Chers camarades députés qui écoutez avec tant de loyauté le gouvernement, comprenez ce qu’il se passe chez nous, dans nos vies, dans le démantèlement de nos valeurs. Et demandez-vous si vous allez assumer cela jusqu’au bout ? Parce que moi je n’en peux plus de vous dire qu’il faut que cela cesse. Là, les prochaines élections sont les vôtres. Et je ne sais pas si je me déplacerai pour vous. J’en ai marre de donner du pouvoir à des gens qui refusent de l’exercer. A des gens qui abandonnent, qui nous abandonnent. A des gens qui obéissent à ceux qui ont été nommés, alors que cela va à l’encontre des promesses faites à ceux qui les ont élus.
Si moi, simple rien, j’ai réussi à résister à des pressions hallucinantes la semaine dernière, à des mensonges et de la culpabilisation à outrance, à des menaces qui venaient des plus hautes sphères du pouvoir, chers camarades parlementaires, vous, vous allez y arriver aussi. Ou vous n’êtes pas faits pour représenter un peuple qui souffre et qui garde, malgré tout, nos valeurs en amour.
A force, nous n’avions plus de promesse à trahir,
nous avons trahis nos valeurs.
Parce que non, le Peuple de Gauche ne vote pas Front National. Mais il ne vote plus socialiste. Et il n’a pas tout à fait tort.
Si je me suis inscrite au Parti Socialiste, c’est parce que j’étais socialiste. Pour moi, être socialiste, c’est juste penser que un être humain = un être humain, et le mettre en place.
Aujourd’hui, le pouvoir crée une sous caste de citoyens : les français binationaux nés français. Être socialiste, ce n’est pas ça. Être socialiste, c’est assumer. Assumer même les pires de nos concitoyens, parce qu’on nettoie nous-même nos merdes. Sinon, nous ne sommes plus une Société, nous ne serions même plus inscrits dans une civilisation. A la limite, on serait une entreprise : on vire ceux qui sont mauvais. Un pays n’est pas une entreprise : on ne choisit pas nos concitoyens, on ne choisit que nos politiques. Et notre pays ne mérite pas cela.
J’aime la France, même quand elle est moche. Je n’ai de leçon de patriotisme à ne recevoir de personne. Je dis “on a gagné” quand l’Equipe de France gagne (de foot, de rubgy, de ski, de natation…) Je frissonne aux sons de la Marseillaise.
Comme j’aime la France, je veux qu’elle transforme l’Union Européenne. Je veux qu’elle construise une réelle démocratie en Europe contrairement à cette gestion par commissions contre les avis des élus, contre les populations, contre l’Humanité même, parfois.
Comme j’aime la France, je veux qu’elle reste la tête de prou des Droits de L’Homme, l’exemple universel qu’elle voudrait être, qu’elle ne recule en rien sur sa devise LIBERTE EGALITE FRATERNITE. Il n’y a rien avant cette devise. Rien de plus important que cette devise. C’est la base, le socle inaltérable. Nous l’avons déjà altérée dans l’histoire, nous y avons beaucoup, beaucoup perdu.
Comme j’aime la France, j’aime autant ses campagnes que ses villes, ses puits que sa fibre optique. Parce que c’est tout, ou rien. Quand on aime la France, on la regarde comme elle est, et sans rougir :
Je veux tout tout de suite et que ce soit entier
ou alors je refuse. Je suis fatiguée des dénis. Je suis fatiguée des mépris.
Non, le Front National n’est pas le “FHaine”. Bien sûr, dedans, il y a des néo-nazis, des identitaires, il y a de bons gros racistes, des connards et des blaireaux. Mais les gens qui votent pour eux ne sont ni haïssant ni haïssables. D’ailleurs certains ont souvent voté pour nous, avant. Ils veulent savoir pour quoi ils votent. Pour qui. Ils veulent des chefs, pas des biaiseux. Ils trouvent des chefs là où ils sont. Mais dans nos voisins, dans nos familles, nous avons tous des électeurs FN. Et bien, ils sont bougons, mais souvent tristes. Pas haineux.
Ils aiment notre pays, et ont peur.
Nous les avons créés, ceux-là. Nous devons assumer et les aider.
Mais ceux dont on ne parle jamais, ce sont ceux qui pensent “voilà, ce point-là fait que je ne voterai plus jamais PS. Alors je ne voterai plus : voter n’a plus d’issue.”
Ceux-là sont mes amis. Mes chers amis. Ceux que j’aime. Ceux avec qui je passe du temps. Nos “vacances” sont des festivals où on sue pour le plaisir, pour le public. Nos “soirées” sont des concerts où on porte des chaises, des flight-cases, des projecteurs pour le plaisir, pour le public. Nos “projets” sont bénévoles et fous, pour le plaisir, pour le public. Nous sommes aussi la Gauche. Celle qui vit sa gauche au quotidien mais ne la pense pas forcément. Celle qui n’a pas besoin d’y penser. Nous vivons selon nos valeurs, pour des actions qui nous dépassent, sans ambition majeure sinon la Beauté et l’Autre. Si je ne m’étais pas engagée au Parti Socialiste, je serais sans doute comme eux : je ne voterais plus.
Mais je ne m’engage jamais à demi. Je suis dedans, et je vous le dis : ils ne votent plus pour nous. Et pourtant, souvent, ils l’ont fait. Mais ils ne nous croient plus et ils ont raison : nos actions ne sont plus dignes de nos idéaux. Souvent, nous n’avons même plus nos idéaux en tête.
Nous le payons, collectivement. Si vous croyez vous en sortir, sachez que vous échouerez. Et que vous y aurez, en plus, perdu votre honneur.
Des hommes et des femmes, anciens élus, sans idéaux et sans honneurs, voilà ce qu’il restera du Parti Socialiste si vous vous entêtez dans ce déni globalisé. Et la Gauche ne sera plus qu’une utopie, qu’une alternative à la société. Ce ne sera plus une politique possible. Le Peule souffrira, et la Gauche n’existera plus. La classe politique commencera au Centre, donc à droite. Et il n’y aura quasi plus de députés de gauche dans l’hémicycle. Oui, même vous, vous risquez d’y passer.
En 3 ans, nous serons passés de “il y a d’autres politiques possibles” à “il n’y a plus de politique possible du tout”, et vous en serez responsables, par votre silence.
Et quelques photos, parce qu’une campagne c’est un moment humain exceptionnel…
Au marché, en porte à porte, en réunion publique, en entreprise…
Une #Région, c’est les transports, les entreprises, la formation professionnelle, les lycées, le sport et la culture. Sur aucun de ces points, Jean-Pierre Masseret n’a manqué à sa #gauche. Je suis fière d’être sur la liste d’un homme qui répète à l’envi “On ne sauvera pas la planète sans sortir du capitalisme.” Je suis fière d’être dans une équipe qui veut lancer cette nouvelle région, cette grande région européenne, avec QUATRE frontières, avec des capacités hors pairs et assez méconnues encore… vraiment. Et de pouvoir militer et me battre avec des camarades de Champagne-Ardenne, d’Alsace, de Lorraine, ensemble, pour redonner du sens à la politique : un sens que chaque citoyen, chaque habitant pourra vérifier dans son quotidien.
Lorsque la campagne sera finie, je parlerai sans doute de la politique nationale. Mais ces derniers temps, tout le monde ne parle que de cela. Alors que la région, c’est important. Et ce n’est pas la sécurité, ce n’est pas l’armée, ce n’est pas la police. C’est la construction de notre quotidien, concrètement.
Je sais ce qu’on peut faire avec une région à gauche. Oui, les sondages, etc… Oui, les déceptions etc… Oui. Je les partage avec toi, les angoisses. Oui.
Oui, nous sommes perdus. Mais nous ne sommes pas morts. Alors tant que nous pensons, tant que nous lisons, tant que nous ne nous endormons pas, nous pouvons nous lever et parler.
Je ne suis pas là pour faire la morale, demander le vote utile, demander des miracles. Juste, je te promets que je ressens la lassitude. Elle est la cause de mon engagement politique : la fatigue d’être lasse, l’envie d’avoir envie… Alors je te promets de me battre contre la lassitude.
Si tu veux avoir quelques idées sur ce que je peux penser d’autre, il te reste toujours les autres pages de ce blog (là, et là par exemple)… là moi je file en réunion, pour écouter ce que certaines personnes ont à dire aux candidats dont je fais partie.
Écouter.
C’est important.
C’est ma pratique de spectatrice, de militante associative & culturelle, et j’espère, de politique.
Ce serait le premier pas vers une nouvelle politique… “écouter”…