Déchéance(s) finale(s).

Il n’y a pas de chef à gauche, mais il y a des guides. Et ils se sont assis. La gauche, elle, avance. Mais ses leaders, ses guides sont assis sur le bas-côté de la route à se demander comment faire comprendre que l’autre est pire, qu’ils sont chacun le seul leader valable.

La France Insoumise de Mélenchon est tout aussi irasciblement obtuse  contre le rassemblement de la gauche pour les législatives (même avec le PC) et contre le barrage au FN dimanche que les soutiens de François Hollande lorsqu’il(s) défendai(en)t la déchéance de nationalité. Pourtant… Pourtant c’est un des fondamentaux de la gauche : reconnaître prévalente la démocratie, parce qu’on a plus confiance dans un groupe que dans un homme, et savoir se battre ensemble lorsqu’en face l’adversaire est dur.

Il faut croire que la gauche française l’est surtout de discours, pas de vie.

Pourtant, les gens de gauche, ceux que certains appellent “le peuple de gauche” (aka les pauvres ou moyen riches qui profiteraient d’une politique redistributrice et donc militent pour) sont toujours là. Mais personne ne les regarde. Non, les “grands” se comparent l’un à l’autre, pour expliquer au “peuple” que l’erreur de l’autre est plus lourde.

Non. Chacun de vos erreurs fait reculer nos droits. Chacune est lourde. Chacune porte du sens, et vous en portez, chacun, la responsabilité.

Grandissez. Ou partez.

Nous, le peuple, nous sommes un peuple qui ne se reconnaît plus car vous captez les rendez-vous que nous pourrions nous donner. Nous ne savons plus sur quelle place nous retrouver. Bastille ou République ? Quoi ? Non, je ne t’entends pas. “Baspution ?” Cela n’existe pas.

Grandissez. Ou partez et laissez nous faire.

Ce sera plus long, mais la force de notre sentiment d’injustice face à cette présidentielle et au quinquennat qui vient nous donnera l’énergie nécessaire à faire sans vous.

Moi je sais qui sont mes camarades. Je veux militer avec eux. Alors débrouillez vous comme vous voulez, mais lundi matin, guidez nous sur la place où nous serons tous. Mes camarades sont rouges, roses, verts. Parce que ce sont nos couleurs, quoique vous en fassiez, nous défilerons ensemble, comme toujours.

La gauche n’a pas de chef. La gauche ne connaît pas de garde-à-vous. Faites comme là, râlez contre l’autre, ne regardez pas vos défauts, et nous vous quitterons tous. Nous macroniserons la gauche comme il a préempté le centre droit. Ce n’est pas un désir, mais vos atermoiements en feront une nécessité, pour notre survie.

La déchéance, toute la gauche de cœur s’était levée contre. Toute la gauche. On ne déchoit pas de nationalité des binationaux. On s’occupe nous-même de nos erreurs. On répare. On est grands et responsables. On est une nation adulte. Où est ce “on” aujourd’hui ? Je le cherche. Il y a les marchands de tapis, il y a les destructeurs du temple, il y a les aveugles & sourds… je cherche en vain ce “on” que nous sommes. Cet article indéfini qui nous rend tous égaux face à des monstres. Oui, des monstres.

La déchéance est notre chute. Prenons-la comme point de départ à notre rebond. Nous étions contre ? Nous serons ensemble. Point. Maintenant, levez-vous du bord de ce chemin et regardez-nous : nous sommes là. Plus nombreux qu’hier. Alors ? Bastille, République, Nation ? Où serons-nous tous ? Une seule réponse : rue de l’Université. Intelligence & Parlement. Seule solution.

Ne nous abandonnez pas. Vous avez nos forces. Vous pourriez récolter notre désespoir haineux.