Jour 6. Dans mon HLM.

#Metz Sans filtre, le ciel de #printemps et la tour des suicidés vue de dos.
Ste Barbe, Sainte patronne des messins et des pompiers…
Ciel bleu et un certain silence aujourd’hui.
La voisine du dessus n’a crié qu’une fois sur ses enfants, pour qu’ils aillent à douche.
Les voisins du dessous ne semblent pas être là. C’est plus calme. C’est bon.

Depuis dimanche, j’ai parlé à deux voisines par la fenêtre de la cuisine. Elles étaient sur la coursive. Les coursives, cette idée Le Corbusienne de créer des villages superposés. 12 rues de superposent de mon côté. 19 chez ceux qu’on voit là. Des villages lego, sans jardin, sans espace. Heureusement, il y a du ciel, beaucoup de ciel. Alors je vous donne mon ciel à vous qui êtes en rez de chaussée, en rue serrée, en manque de ciel.

Il y a quelque chose entre l’incertitude, l’incompréhension et la peur, ici. Beaucoup de silence, en fait. Des voisinEs qui vont bosser : nettoyer, nourrir, aider, qui laissent leurs enfants seuls, parce qu’un est au collège l’autre en primaire et que ça fait deux accueils différents, que c’est trop compliqué. Ici, on est pauvres, on fait des métiers très utiles. Des voisins. Ceux qui descendent leur chien mais c’est tout. Qui disent bonjour de très loin. Qui serrent les dents…

Moi je vais bien. Je prends du recul en regardant LCP. Je m’énerve contre l’innocuité de la majorité. Ça occupe.

Je me demande si un jour j’appelle la police pour des cris trop violents, viendront ils ? Que feront ils ? Que pourront ils faire, vraiment ?

Est ce que quelqu’un, à bout de nerfs confinés, décidera de venir chez nous et sauter ? Ça fait plus d’un an que ce n’est pas arrivé. Ici, on accueille même la misère des gens qu’on n’a jamais vu.

Pour l’instant, c’est silencieux. C’est pas si mal. C’est bien. Ça n’applaudit pas à 20h. Mais ça ne hurle pas les 23 autres heures, et c’est déjà ça, la résilience en HLM.

#Confinement #Jour6 #LesVoisins #DansMonHLM