Alerte spoiler : non.
Le gouvernement fait semblant de croire que le symptôme est la maladie, mais la réalité, c’est que ce n’est pas l’essence qui est trop cher : c’est tout. L’essence est seulement le plus gros problème car c’est une dépense obligatoire pour beaucoup, et qui arrive même en fin de mois : le réservoir ne sait attendre le salaire pour se vider.
Mais si l’immobilier était moins cher, mais si nos salaires étaient plus hauts, mais si la TVA était baissée sur TOUS les produits, mais si se soigner dents et yeux, si les activités des enfants, si les pneus neige devenus obligatoires pour certaines régions, si les repas au self du travail, si la cantine des enfants, si les livres des enfants, si le ciné pour leur faire plaisir à chaque vacances, si l’idée de faire des cadeaux à Noël, si nos assurances et mutuelles, si nos appareils pour communiquer avec nos services publics (téléphones et ordinateurs pour échanger avec l’école, les impôts, tout…) si tout cela coûtait moins cher, les dizaines d’euros en plus à la pompe ne seraient pas un si grand problème. Mais ce n’est pas le cas.
Si ceux qui regardent le prix au litre le font, c’est parce que même avant cette dernière augmentation, c’était dur.
Alors oui, 100€, ça va aider pas mal de monde. Mais pas tout le monde. Ca va aider ceux qui ont du travail, pas ceux qui en cherchent exclus du dispositif. Assignés à résidence, encore. 100€, ça va aussi passer vite. Et cela ne résoudra rien à moyen terme. Mais de cela, le gouvernement n’en a cure : son terme est en avril, il lui faut nous plaire jusqu’au 10 avril, jour où il veut que nous votions à nouveau pour le président qui aura passé le quinquennat à nous dire d’être plus ambitieux (« désirer être millionnaires ») en nous enlevant les moyens de l’être (réforme de l’assurance chômage).

La première charge des ménages se passe dans la tension entre le coût de leur logement et le montant de leur salaire. La majeure partie des revenus n’ont pas suivi l’inflation, les salaires sont à la traîne mais les dividendes ont explosé. Mais là, le président ne voit aucun lien avec notre impossible fin de mois. Aucun. Parce qu’il préfère nous faire la charité que de déranger ses amis. Nous, le bas-peuple, les intermittents de l’emploi, les temps partiels, les bas salaires, et même aujourd’hui, avec ces salaires qui ne suivent en rien l’inflation, les fonctionnaires, les salaires moyens, médians… Nous, il nous dit de regarder les millionnaires devenir milliardaires et nous donne 100€ pour nous faire taire.
Ne soyons pas dupes. Cela ne résoudra rien.
Prenons l’argent : c’est le nôtre.
Mais ne soyons pas dupes : ce n’est pas la solution aux vrais problèmes.
Les réformes qui sont à faire, elles ne doivent pas rétrécir le Peuple mais investir sur le Peuple : nous. La vision courtermiste est ce qui nous fait accélérer d’année en année droit dans le mur, ces 100€ c’est le chewing-gum qu’on prend en voiture, ça n’a enlevé ni la vitesse, ni le mur, mais c’est plus frais.



