OBJET de BUZZ

Un mois est passé. Depuis chaque personne que je croise me parle de cet épisode et je répète tout cela, avec plus ou moins de temps pour le dire. Alors, pour tous ceux que je ne croise pas mais que cela intéresse, c’est posé là.

Le jeudi 29 septembre, vers 16h30, le 1er adjoint de Metz où je suis conseillère municipale d’opposition (de gauche) et qui remplaçait le Maire en arrêt maladie, m’a interpelée en me disant “Madame Picard arrêtez de rire, vous allez faire pipi dans votre culotte”. S’en est suivi une explication entre lui et moi, où il a fini par s’excuser tout en ajoutant qu’il fallait que j’avoue “que cette phrase était tellement bien choisie”, ce que je ne trouvais pas, puis une explication de vote de Marina Verronneau qui siège dans le même groupe que moi lui expliquant être “choquée” par ses propos ce à quoi il répondit “ça se soigne”. A ce moment là, nous avons décidé de quitter le Conseil Municipal et nous sommes rendus dans la salle attenante.

Le vote eut quand même lieu, sans nous. Puis le Docteur Khalifé, 1er adjoint, nous rejoignit pour “calmer le jeu”. Il s’excusa, ne comprenant sans doute pas pleinement la situation. Nous exigeâmes des excuses publiques puisque l’attaque fut aussi publique, sinon nous ne revenions pas dans la salle du conseil. Il accepta.
Le reste du conseil s’est passé plus calmement.

Le Républicain lorrain publiait durant le conseil un entrefilet sur cet échange intitulé “Le baptême du feu” où le journaliste expliquait que mon rire était ironique et donnait une des raisons à celui-ci.

Le soir, je publiais sur mes comptes instagram et facebook l’extrait de l’altercation tirée du compte youtube de la mairie et faisant office de procès verbal du Conseil municipal.
Le lendemain matin, cette vidéo était reprise par une journaliste après un échange en privé, et Marina Verronneau en publia une autre (avec le “ça se soigne” et son “on se lève et on se casse” qui marquait notre sortie). Les réseaux sociaux étant ce qu’ils sont, le soir, la France connectée était au courant.

Je recevais beaucoup de messages de soutien, d’amis, de camarades, d’élus, et d’inconnus. Et je vis beaucoup de papiers qui se ressemblaient tous être publiés et republiés, sans la ligne sur la raison de mon rire qui se trouvait dans le Républicain Lorrain. Beaucoup de réseaux féministes firent des articles, posts, images, vidéos sur cela. Mais personne ne me demanda ce qu’il en était, sauf la Secrétaire nationale à l’égalité femme/homme du Parti socialiste, dont je fais partie (du PS et de son secrétariat national).

Le lundi, un journaliste de La Semaine (hebdomadaire local) me téléphonait pour une interview, elle était publiée sur leur site le soir même. Il retenait surtout le fait que j’avais détesté les attaques racistes et/ou âgistes contre le 1er adjoint, et que je me sentais pas être la victime que le buzz avait fabriqué : je fais de la politique, je sais prendre des coups, et les rendre. D’ailleurs beaucoup de mes soutiens, publics et privés, ont salué la dignité de ma réponse et c’est sans doute ce qui comptait le plus pour moi : remettre de la dignité au sein du conseil de notre ville.

Toute cette histoire a fait le tour, de France Inter à NRJ chez Cauet, en passant par yahoo actu, TF1, BFM et des journaux espagnols. Mais dans le buzz, il manquait quelque chose. Il manquait moi. Pourtant, j’étais sensé être au centre de cette histoire.

Personne ne voulait savoir pourquoi je riais.
Personne ne voulait savoir ce que je défendais.
Personne ne voulait savoir qui nous étions.

Alors je vais l’expliquer ici. Je ne riais pas parce que je traînais sur les réseaux à lire des blagues. Je riais jaune, de colère démocratique et républicaine.

Nous parlions du point sécurité, G. Laloux du RN venait de faire une parfaite sortie xénophobe sur le fait que l’insécurité était due aux migrants. Je n’étais pas surprise : c’est son thème favori. Mais nous avions parlé avant lui, et nous n’allions pas pouvoir lui répondre de front, je ne me voyais pas l’écouter en étant placide. Je n’aime pas le racisme, ni les raccourcis fainéants.

Après, P. Thil avait joué son rôle de leader (pour un soir) du groupe majoritaire en tirant à boulets rouges sur l’inaction de la gauche au pouvoir durant les 2 derniers mandats. Alors je faisais mon rôle de défenderesse du bilan de mon camarade ancien Maire en rappelant un peu fort qu’il avait armé la police municipale (ce que j’avais assez décrié à l’époque pour m’en souvenir).

S’en est venu le tour de K. Khalifé, président du conseil ce soir-là, qui balayait tous les arguments. Lorsqu’il s’adressait à G. Laloux, il lui expliquait qu’“il y a les clochards que nous avons tous connus quand on était jeunes, pas M. Roques mais les plus anciens, ceux-là ne posaient pas de problèmes ils faisaient partie du paysage”. Entre la pique condescendante contre mon partenaire de groupe Jérémy Roques et le racisme mal caché de cette phrase, ma patience avait atteint ses limites. Et lorsque le Dr Khalifé a continué en expliquant qu’il n’y avait aucun problème entre le Maire et le Préfet (alors que l’un est l’autre s’invectivaient par voie de presse depuis 2 ou 3 semaines), et qu’il n’était pas question d’en faire “une question politique”, j’ai sans doute dit à voix haute le fond de ma pensée : on se fiche de nous!

C’est à ce moment-là qu’il m’a invectivée. Parce que j’avais vu son sous-entendu raciste, parce que j’avais vu la couleuvre qu’il essayait de faire avaler aux messins. Ce dévoilement l’a suffisamment troublé pour qu’il oublie dans son langage que je représentais les messins et que lui aussi, pour qu’il oublie toute bienséance, pour que le mépris soit flagrant.

Ce n’est pas la première fois que cela arrive dans un de nos conseils municipaux, mais d’habitude c’est par monsieur le Maire en personne, ou un de ses snipers, pas par son 1er adjoint. Opposition imbécile, réfractaire, khmers verts, j’en passe et des meilleures… Ce n’est pas le Dr Khalifé qui a dérapé, c’est le Maire qui a donné l’impression que le dérapage était une manière de diriger possible.

Dérapage raciste, aussi. Je me souviens du passage d’une subvention où M. le Maire avait fait durer le débat fort longtemps, donnant et redonnant la parole à l’ancienne présidente du groupe RN. Nous subventionnions alors une association faisant mémoire d’une ratonnade faite par les para contre les algériens de Metz, durant la guerre d’Algérie. Ratonnade faisant suite à une bagarre dans un dancing. Le débat avait tourné autour du fait que 2 paras et le patron du bar étaient morts dans la bagarre ce qui aurait dû, pour eux, équilibrer avec la ratonnade. Le Maire avait fini par dire “Je ne vois pas bien la différence entre une rixe à la sortie d’un dancing et une ratonnade”, j’avais dû, en explication de vote, rappeler que “la différence, c’est le racisme”.

Voilà ce que je défendais : l’égalité et la démocratie.

Et pourtant, quand on m’a défendue, moi, on a utilisé parfois des arguments racistes et âgistes. Il serait libanais, ce serait pour cela qu’il serait sexiste. Il serait vieux, ce serait pour cela qu’il serait sexiste. Non.

C’est un mandarin-carabin. Il a donc pour habitude, qui n’a rien à voir avec l’âge ou l’origine, de ne pas être impunément contredit. S’il a utilisé une expression familière, cela j’en suis certaine, c’est parce que nous nous entendons bien (tant qu’il ne m’explique pas qu’il faut arrêter de faire de tel ou tel sujet un sujet politique, comme si la politique était sale, lui qui est dans son 3è mandat). Mais il fut chef de service hospitalier durant une bonne partie de sa carrière. Allez faire un tour dans les services et dans les blocs opératoires pour voir quel respect y règne, pas partout, mais beaucoup beaucoup trop souvent. Ce n’est pas clairement du sexisme : c’est du mépris condescendant pour tous ceux qui sont sensés être inférieurs aux chefs, hommes ou femmes. Demandez aux internes. Demandez aux infirmiers. C’est du rapport de force de classes sociales. C’est de l’écrasement social. Et c’est contre cela que je suis devenue socialiste.

Mais mon altercation avec lui ne fut qu’un moment. Nous en aurons d’autres. Et nous aurons à nouveau l’occasion d’échanger voire de travailler ensemble sur certains dossiers. Dans mon altercation avec lui où j’ai été réduite à l’état d’objet (au sens philosophique), j’ai pu regagner mon rôle de sujet lorsque j’ai gagné le droit à des excuses publiques.

Ce ne fut pas le cas dans le buzz. Ce buzz, monté en épingle comme il se doit par les réseaux sociaux, tenu par beaucoup de réseaux féministes, ne m’a jamais proposé de redevenir le sujet de cette histoire. J’étais l’objet d’une guerre contre le patriarcat. J’étais un objet sans pensée, sans idéaux, sans combat, pour un combat que je vois encore plus maintenant comme ce que je ne veux pas faire.

Oui, je trouve normal et bénéfique que les réseaux féministes aient pris ma défense. Non, je ne trouve pas normal qu’ils l’aient fait sans connaître le fond de l’histoire. Est-ce que j’étais en faute ou non ? Est-ce que j’avais quelque chose à dire ou non ? Rien de tout cela ne m’a été demandé. J’ai passé la journée du buzz à voir ma batterie se décharger de notifications sans qu’un seul message privé me parvienne d’eux.elles, et je suis pourtant assez facilement trouvable. Pas un seul moment on m’a demandé si j’avais un nouvel angle à donner à cette histoire. Pas un seul moment on ne m’a demandé si j’allais bien, comment je vivais cela.

Si je m’étais sentie victime de l’attaque du 1er adjoint, l’augmentation de la dépossession de ma personne par ce buzz aurait sans doute été délétère. Mais je sais comment fonctionne le monde, alors je l’ai regardé, et j’ai attendu. Rien n’est venu.

Mes cher.e.s camarades féministes, n’oubliez pas les autres -istes, n’oubliez pas que les victimes sont d’abord des personnes, n’oubliez pas que la politique c’est plus large que la chute du patriarcat, parce que ce dont nous avons besoin c’est d’être tous traités en sujets de la société, et plus en objets.

Depuis des semaines, je me demande comment vit tout ce tapage médiatique Mme futur-ex-Quattenens. Lui m’importe peu, j’avoue. Je pense à elle, dont le patron, les collègues, les cousins, la grand-mère si elle vit encore, savent qu’elle s’est pris une claque par son futur-ex-mari, dont les enfants savent ou sauront, alors qu’elle n’avait fait qu’une main courante. Etait-elle d’accord pour ce tapage, cette publicité de son intimité ? La main courante, était-ce pour se protéger, par peur, ou juste pour le jugement de divorce et que cela se dépêche ? Depuis un mois, je me dis que cette pensée qui ne me lâchait pas était sensée.

Alors, ici, je redeviens le sujet de ma personne.

Je ne me bats pas contre le sexisme, je me bats contre le mépris. Et j’ai souvent été méprisée par des hommes mais aussi par des femmes, des femmes qui aiment défendre les femmes-victimes, qui aiment qu’on les défendent elles, mais qui essaient d’écraser les femmes qui les regardent dans les yeux, celles qui leur disent ce qu’elles pensent. J’ai été insultée par des hommes, avec le silence complice des femmes autour, voire participant à la vindicte, les mêmes qui ont parfois pris ma défense lors de cet épisode.

Mais j’ai été bien souvent soutenue par des hommes et des femmes non pas pour nos genres mais pour nos personnes, parce que nos personnes s’accordent, parce que nos idéaux s’accordent. J’ai bien plus été portée par les amitiés fugaces ou tenaces que blessée par des cons. C’est tout ce qui compte.

Ce que je sais, c’est qu’il ne faut plus laisser passer le mépris. Même lorsque c’est quelqu’un que nous n’aimons pas qui est méprisé, cela n’apporte rien. Combattre les idées, combattre les politiques, oui, avec force ! mais mépriser rend aigre.

Pour ceux qui sont arrivés jusque là, merci d’avoir pris ce temps. Cet épisode n’est pas, comme certains me le disent en haussant les épaules « un épisode malheureux » mais la réalité crue de nos vies. Mais c’est à nous de jouer maintenant, à nous qui voulons bien du grivois mais pas du mépris, qui voulons de la joie sans écrasement, à nous qui voulons vivre libres de prendre les choses en main, et de dire non à ce qui nous dérange. Le nouveau monde n’a jamais été aussi proche d’advenir, à nous de choisir ses couleurs. (Metz, le 1/11/2022)

Conseil municipal 23 septembre 2021 / Des questions sur les MAM

#CMMetz #Metz
Mes questions autour de la création de 2 Maisons des Assistantes Maternelles prévues à Metz.

Monsieur le Maire,
Chers collègues,
Je vais commencer par vous dire que je suis satisfaite d’évoquer dans ce conseil municipal les besoins de la petite enfance. En effet, c’est à cet âge que l’équilibre de l’enfant, futur adulte, se construit. Et nous, parents, avons besoin de la solidarité de la société pour nous aider à nous occuper de nos enfants, comme le dit le proverbe africain : “Il faut un village pour élever un enfant”, et en occident, le village ce sont les collectivités publiques.
Contrairement à ce que vous dites, nous avons bien compris que vous êtes Maire, donc responsable de votre équipe mais aussi de tout le conseil municipal et de notre capacité à travailler correctement.
Alors, je suis désolée, mais une fois encore j’arrive avec des questions que j’aurais pu poser en commission si les documents étaient arrivés suffisamment en amont de la réunion. Moins de 24h en pleine semaine entre la convocation et la réunion, alors que nous avons, en tous cas dans l’opposition, d’autres activités que d’élus, c’est un peu court, Monsieur le Maire. Je sais bien que vous et votre groupe avez des activités aussi en dehors de la mairie, et d’ailleurs je remercie Mme Lux d’avoir été là pour l’ouverture de la réunion, Mme Stémart étant toujours au conseil départemental à l’heure de sa convocation. Mais je vais donc poser ce soir les questions pour lesquelles il me fallait un peu plus de recul que l’Exposé ouai que vient de faire Mme Lux et auxquelles vous auriez pu répondre déjà.
La question est sur le comment et non le quoi, Monsieur le Maire, car avant de lancer un projet tel que ces 2 Maisons des Assistantes Maternelles pouvez nous nous éclairer sur les taux d’occupations à tous âges des lieux déjà existants ? J’ai peur, en effet, que d’ouvrir un nouveau lieu puisse faire perdre l’agrément CAF aux autres qui sont, depuis toujours, sur la brèche avec trop de bébés, puis pas assez de 2/3 ans alors que la CAF a besoin d’un taux élevé d’occupation de chaque classe d’âge pour donner l’agrément.
J’imagine que vous avez pris cette décision d’investissement après une étude fine quartier par quartier, même si vous décidez de mettre chaque MAM à proximité d’une crèche déjà existante. Pouvez-vous nous dire les besoins réels en lieux d’accueil petite enfance du Sablon sud et des Hauts de Ste Croix, en rapport avec les besoins des autres quartiers ? Et, Monsieur le Maire, nous dire aussi pourquoi nous n’avons pas eu accès à une telle étude si elle a été faite ?
Je ne vois, en outre, aucun document ni aucune information sur les statuts juridiques de ces MAM. Seront-elles louées par les assistantes maternelles organisées en association ou chaque assistante maternelle pourra-t-elle louer seule une part de la MAM ? Comment se fera le choix des assistantes maternelles qui y seront ?
Ces questions ne sont pas simplement administratives, mais, je pense aussi aux parents : qui embaucheront-ils ? Qui sera responsable de leur enfant ? La mairie ? L’assistante maternelle qu’ils emploient eux-mêmes ? Un groupe, une association, si oui lesquels ? Si l’assistante maternelle qu’ils emploient est malade et absente, pourront-ils confier leur enfant à une autre, comme dans tout mode collectif ou est-ce un faux mode collectif où notre enfant ne dépend en fin de comptes que d’une personne ?
Une place en crèche coûte plus de 5000€ par an à la collectivité, à ce village qui élève l’enfant. Une place en MAM coûte bien moins cher puisqu’en plus vous créez ces dispositifs à fonds constants (c’est-à-dire sans dépenser un centime de plus du budget de la petite enfance). Pouvez-vous nous assurer, monsieur le Maire, que le dispositif des MAM ne viendra pas à moyen terme diminuer le nombre de places en crèche de la ville ?
Vous me voyez, encore une fois, désolée de vous poser toutes ces questions en conseil municipal, j’espère, monsieur le Maire que vous saurez palier à l’absence de documentation.
Merci.

Conseil municipal 23 septembre / De l’impossibilité du travail en conseil

#CMMetz #Metz
Un autre point sans statuts ni budget de l’association ni budget du projet…

Monsieur le Maire,
Chers collègues,
Permettez-moi de prendre la parole sur ce point pour un principe qui s’est déjà posée à nous ce soir et lors de précédents conseils. Monsieur le Maire, nous ne pouvons voter ce que nous ne connaissons pas.
Vous nous demandez d’octroyer 3,000€ des messins à une association woipicienne qui, nous a-t-on dit, a sollicité la ville mais dont nous n’avons ni les statuts ni le projet ni le budget du projet. Je veux bien croire que vous ayez personnellement confiance en cette association qui, si j’ai bien compris a été fondée par quelqu’un avec qui vous avez travaillé à Woippy, mais nous messins n’avons jamais entendu parler d’elle.
Quel est l’objet de cette association ? Combien d’employés ? Combien de bénévoles ? Depuis quand existe-t-elle ? Quel est son bilan des opérations précédentes ?
Je vous rappelle ma toute première intervention et le fait que nous n’avons pas eu le temps de nous préparer en amont de la commission. En commission, donc, nous avons compris que les enfants allaient faire un film pour expliquer le quotidien en France alors que des cambodgiens allaient faire de même pour leur quotidien. Ça aurait donc été 3000€ pour la réalisation d’un film. Mais dans la convention je ne vois que (permettez-moi de citer)
« La diffusion du film Les Pépites réalisé par Xavier de Lauzanne pour l’ONG Pour un sourire d’enfant, suivi d’un temps de questions réponses et d’un échange avec des personnes originaires du Cambodge, permettront aux enfants de découvrir tout un pan de la culture cambodgienne. »
Il n’est donc pas question de la réalisation d’un film, mais juste de l’invitation du réalisateur qui a travaillé pour une autre association et de personnes d’origines cambodgiennes pour un échange avec les enfants. Pouvons nous donc savoir à quoi serviront ces 3000€: rémunérations, et si oui, de qui et pour quoi faire ? Défraiements ? Matériel ?
Je pense qu’il est intéressant pour les petits messins de comprendre que notre vie n’est pas la vie de tout le monde. Mais je pense aussi qu’il est plus facile d’accepter de voter des subventions, de distribuer l’argent public qui est en fait l’argent des messins, lorsque sa destination est claire.
Monsieur le Maire, nous ne pourrons décemment voter contre le conventionnement UNICEF « Metz, Ville amie des enfants », nous voterons donc pour, mais sachez que nous attendons les réponses quant à cette association, son projet à Metz, et son budget. Je ne pense pas qu’au Sénat vous auriez accepté de voter un dossier incomplet, en tous cas, je pense que nous devons aux messins une intransigeance sur tous les dossiers. Vous nous faites, encore, voter à l’aveugle, et je ne suis pas sûre que cela donne de notre ville la meilleure des images.
Je vous remercie.

Conseil municipal 23 septembre / Espace BMKoltès

#CMMetz #Metz
Mon intervention sur la convention de l’Espace Bernard-Marie Koltès, maintenue mais non augmentée après la labélisation nationale du théâtre.

Monsieur le Maire,
Chers collègues,
Je voudrais commencer par féliciter l’Espace Bernard-Marie Koltès. Nous sommes quelques uns à le connaître depuis sa sortie de terre, quand il s’appelait alors Petit Théâtre du Saulcy.
Ce n’est une nouveauté pour personne et je l’ai déjà dit ici, depuis le départ du Théâtre Populaire de Lorraine dans les années 70, Metz est en manque de théâtre. Le Théâtre du Saulcy devenu finalement Espace Bernard-Marie Koltès est depuis son début une pépinière pour les jeunes et les expérimentateurs de la scène. Ce théâtre est un écrin, et il mérite la reconnaissance nationale qui est la sienne aujourd’hui. Il faut pour cela remercier ses équipes successives, et ses directions, de Alain Billon à Lee Fou Messica pour le travail et l’énergie qu’ils ont mis et mettent à en faire un lieu où les esprits s’ouvrent et où les curiosités s’aiguisent. Petit Théâtre est devenu grand, d’intérêt national.
Je rappellerais à nous ce soir les paroles fréquentes de Patrick THIL, tant candidat avec vous qu’en tant que votre adjoint à la culture, qui fait le même constat que moi sur le manque de théâtre ici malgré le besoin de toutes les compagnies de Metz, et malgré l’image que la ville devrait pouvoir avoir en arts vivants. Ce manque n’est pas un constat de droite ou de gauche, monsieur le Maire, il est un constat des personnes qui pensent que le théâtre, comme le spectacle vivant en général, ne sont pas qu’outil de communication et projets d’urbanisme mais aussi une possibilité de faire rêver et penser, de construire le monde de demain en touchant les esprits et la capacité de curiosité du Peuple.

Alors, quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’il m’a été répondu que si la ville n’augmentait pas sa subvention cette année, malgré la labellisation «Scène conventionnée d’intérêt national Art et Création », si la ville de Metz reste donc sur une subvention de 25,000€ sur un budget d’à peine 908,000€, c’est parce qu’elle aurait permis l’augmentation de subventions de la région et du département. Soit. Mais pourquoi ? Je ne parle pas du nom des élus qui signeront les conventions, peut-être seront-ils eux-mêmes messins et de votre propre groupe municipal. Mais pourquoi la ville de Metz ne pourrait pas, au nom de ses habitants, soutenir à une juste hauteur le seul théâtre public de sa ville qui diffuse de la création contemporaine, organise des ateliers, des festivals, et qui est, je vous le rappelle, propriété de l’Université ? Le demi million d’euros de fonctionnement et de salaires incombe totalement à l’Université, vous le savez. Lorsque l’on subventionne, nous, collectivités territoriales, l’Espace Bernard-Marie Koltès, nous participons à son projet artistique, et donc à la vie des compagnies qui sont produites ou diffusées. Pourquoi cette labellisation n’a pas donné lieu à une revalorisation de notre subvention, alors que, j’imagine, vous souhaitez, à l’instar de votre adjoint à la culture, développer l’accès au théâtre à Metz ? Est-ce que la note disant que pour les 3 prochains exercices de la convention, la somme allouée par la ville n’est pas encore fixée, signifie qu’il y aura bien revalorisation à l’avenir ?
Je vous remercie.

Conseil municipal juillet 2021 / culture et cumul des mandats

Conseil municipal – 8 juillet 2021

J’interviens aujourd’hui dans la suite de mes collègues, mais avant de vous parler de la délibération elle-même, j’ai un autre problème à porter devant vous, un peu plus général : il concerne l’exercice démocratique en tant que tel.
Vous n’êtes pas sans savoir qu’il ne nous a été permis de lire cette délibération que six heures avant la commission culture, et il fallut la demander deux fois aux services qui n’étaient pas en capacité de la mettre en ligne avant passé midi pour 18h.
Si nous voulons pouvoir être une opposition utile à Metz, monsieur le Maire, je pense que la règle des 48h en amont imposée aux services par M. THIL est une bonne règle : elle nous permet de concilier notre vie professionnelle et notre travail d’élus. Je pense bien que les services avaient tout mis en place pour répondre aux exigences de leur élu, il fallut donc que cela coince ailleurs.
Et j’imagine que vous n’êtes pas non plus sans savoir que les derniers conseil d’administration et comité de surveillance de Metz en Scène et de l’Orchestre se sont tenus en 60 minutes chrono. Il nous fut enjoint de ne pas poser trop de questions pour garder le quorum jusqu’à la fin des délibérations, et, tenant à ces deux entités et à leur bon fonctionnement, nous obéîmes. Nous n’avons, monsieur le Maire, posé aucune question pour permettre à ce CA et CS de se faire jusqu’au bout et aux décisions nécessaires à la bonne direction des établissements d’être validées.
Ce que je compris trop tard et m’étonna grandement, me laissant, moi, coite durant cette réunion, c’est que cette urgence n’était pas due à des questions techniques ou professionnelles des uns ou des autres, non, elle n’était due qu’à un meeting de campagne des régionales où la partie des membres du CA et CS de Metz en Scène et

de l’Orchestre venant de votre majorité devaient se rendre.
Vous voyez, je ne suis pas une grande pourfendeuse du non cumul des mandats, parce que je sais que les électeurs aiment voter pour ceux qu’ils connaissent déjà, et nous l’avons encore une fois bien vu durant ces dernières élections. Mais savoir que nous avons pressé du personnel qui travaille en notre nom pour le public, savoir que l’opposition n’a reçu les documents qu’à la dernière minute, parce que la campagne était trop prenante pour votre équipe et pour vous, me ferait presque réviser mon avis. Je vous félicite, monsieur, pour votre poste de Vice Président du Conseil Régional du Grand Est, et j’espère que ce n’étaient que des effets de campagne et que le travail à la ville de Metz ne devra pas payer le cumul des pouvoirs de ses membres.
Monsieur le Maire, ceci étant dit, si vous le permettez, deux points rapides sur cette délibération précisément. Je vois que le réseau LORA garde une subvention de 4000€, mais qu’elle est divisée en 3000€ de fonctionnement et 1000€ de projet. Il y a donc bien une baisse de 1000€ de fonctionnement, et vous savez que depuis la LOLF, l’un de remplace pas l’autre : une frontière les sépare.
Y a-t-il une justification pour cette baisse ?
J’aimerais, puisque pour l’instant nous ne savons pas exactement ce que deviendra Constellations l’an prochain, que nous ayions en tête que les arts visuels ont une existence à l’année à Metz, depuis fort longtemps, même avant et en dehors du Centre Pompidou Metz. Une existence d’une grande qualité artistique et pédagogique, si nous ne les laissons pas sur le bord de la route. Je tiens donc à saluer le soutien que vous apportez à Faux Mouvement et voudrais que vous sachiez qu’en tant que membres de la commission culture, nous sommes à votre disposition pour toute réflexion nécessaire à la refondation de ce projet, le cas échéant.

Conseil municipal mai 2021 / théâtre & Avignon

Mon intervention de ce soir au conseil municipal.
✊🌹🌻
#Théâtre #Avignon #Soutien

Monsieur le Maire,

Chers collègues,

Je veux saluer ici le principe de soutenir les compagnies messines choisies par le conseil régional pour représenter la région Grand Est au festival d’Avignon depuis plusieurs années.

J’ai cru comprendre que vos désirs en matière de politique culturelle étaient de développer la place du théâtre et des arts vivants dans notre ville, et je pense que depuis le départ de Metz du Théâtre Populaire de Lorraine c’est effectivement un sujet sans cesse à remettre à l’ouvrage.

Le festival d’Avignon est un véritable investissement pour les compagnies. C’est évidemment un festival public qui fait rêver. Mais c’est surtout pour les professionnels la possibilité de montrer aux diffuseurs de toutes les régions leur travail de création et donc de permettre aux spectacles d’être achetés et joués. Car s’ils créent, c’est pour jouer.

Lorsque je parle d’investissement c’est à bon escient : malgré le lieu mis à disposition par la région et d’autres subventions attenantes, le festival coûte beaucoup aux compagnies et cette subvention-là ne peut être que bénéfique.

Et pourtant, je vois que cette année le budget alloué aux compagnies messines est à la baisse : 4000€ d’enveloppe totale au lieu de 10000. 2000€ par compagnie au lieu de 4 et 3000€ en 2019.

Malgré ce dispositif créé par la région Champagne Ardenne et repris par le Grand Est, les compagnies peuvent d’ordinaire étaler le coût d’Avignon sur les économies faites la saison précédente et sur les ventes de la saison suivante. Mais pour Avignon 2021, il n’y a pas eu de saison précédente et on voit poindre l’embouteillage pour la saison suivante. C’est pourquoi j’avoue ne pas comprendre cette baisse.

Nous aurions pu montrer une plus grande présence de notre ville aux côtés de nos compagnies professionnelles faisant un travail artistique certain pour ce festival d’Avignon si particulier :

Particulier car le théâtre est quasiment à l’arrêt depuis début mars 2020 et les compagnies doivent savoir que nous comprenons les difficultés quasi psychiques qu’a entraîné cette notion de travail non essentiel. La mise en perspective, la mise en présence humaine, la catharsis, le corps, la langue, et toutes ces choses qui n’existent que dans la magie du théâtre et du spectacle vivant sont tout à fait essentielles à notre vie en société.
Festival particulier aussi car comme je l’ai dit, il n’y a ni saison précédente et que peu de saison suivante pour rattraper les frais énormes qu’engendrent une participation au festival d’Avignon.

Et même si nous ne parlons pas de grosses sommes l’équilibre de ces compagnies se fait parfois sur quelques centaines d’euros, aucune somme n’est méprisable.

Je souhaite à ces deux compagnies un très beau festival d’Avignon, d’être vus et repérés par le plus grand nombre de diffuseurs possible et que le nom de la ville de Metz soit lu dans les programmes de France et de Navarre grâce à eux.

Mesdames Messieurs, Monsieur le maire, merci de votre écoute.