De l’Espérance à l’utopie

« Faites ça bien ce soir 😉 Qu’on soit pas emmerdés ! »
« Ben oui Charlotte !!! »
« Chouette prise de position 🙂 »
« Tu te réveilles tard mais c’est mieux que rien 🙂 »

Ce sont des paroles de gens, des amis, qui votent ou voteraient à gauche mais qui n’ont plus voter pour nous depuis fort longtemps, voire ne votent plus du tout.

« J’ai entendu Olivier Faure sur Inter, ça donnerait presque envie de revenir. »
« Le PS existe en ce moment dans les médias parce que sa direction a décidé de faire l’union avec le reste de la gauche. Personne ne s’y intéresserait sans cela. Ce qu’il faudrait en faire (…) : le mettre à nouveau en phase avec son électorat… »
« Merci Charlotte de porter cette voix localement ! »

Ce sont des paroles d’anciens camarades, ou de gens ayant une ligne socialiste qui n’auraient jamais pris leur carte au PS, trop éloigné de leurs valeurs.

Ce soir, chers camarades, je voterai l’accord pour l’union de la gauche et des écologistes. Depuis le départ nous avons été pour l’union, la plus forte possible donc la plus large possible. Il ne me viendrait pas à l’esprit de changer d’avis pour des problèmes qui ne concernent que peu les citoyens.

Bien sûr que nous aurions aimé plus de circonscriptions et une ligne à 100% socialiste (mais quel socialisme ?). Et je vous dirais même, j’aurais bien aimé que nous fassions nous, le PS, les 22% de Mélenchon. Voire plus.

Mais la politique c’est de l’utopie sur le futur, pas sur le passé. Le passé est là, il faut faire avec. La question est : que proposons nous pour le futur ?

Les éditorialistes plutôt macronistes maugréent. Les gens qui étaient au pouvoir lors du quinquennat Hollande aussi. Je comprends.

J’ai défilé contre la loi El Khomri. Je me suis érigée contre la déchéance de nationalité, et, même si nous étions nombreux dans le même cas, le mépris reçu lors de cette bataille fait partie des grandes blessures difficiles à oublier.

Oui, le monde change. Et nous assistons sans aucun doute à la fin de la Vè République.

3 extrêmes sont arrivés en tête au premier tour de la présidentielle. L’extrême centrisme d’Emmanuel Macron (il se dit extrême centriste lui-même), dirigé par l’émotion du mépris ; l’extrême droite de Marine Le Pen, dirigée par l’émotion de la peur ; et l’extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon, dirigée par l’émotion de la colère. Alors, oui, quand je vois la réforme de l’assurance chômage (nous compterons les gens à la rue à la fin de la trêve hivernale, au printemps 2023), quand je vois Parcoursup (les parents qui angoissent, les enfants qui sont perdus, surtout ceux qui n’ont pas les moyens de payer des écoles), quand je vois la réforme des retraites qui arrive (avec un 49.3), je préfère le camp de la colère de gauche. Car je suis en colère.

Oui, nous avons des différences et des différends avec LFI. Mais c’est pareil avec les communistes et les verts, et pourtant (en général nous essayons de) nous faisons avec. Ce n’est pas facile. C’est la politique.

Oui, nous sacrifions cette campagne territoriale pour la campagne nationale, parce que les élections législatives, c’est l’élection d’une seule Assemblée nationale. Et comment aller vers nos concitoyens, les électeurs qui espèrent aujourd’hui que cette gauche rassemblée pourra contrer l’hyper libéralisme économique de Macron, comment les regarder dans les yeux et leur dire que nos sacrifices électoraux sont insupportables alors que ce sont leurs vies même sont rendues insupportables ?

Nous ne pouvons sacrifier les français à l’aune de notre désir d’exister en tant que parti. Ni nous, ni LFI, ni les autres ne peuvent le faire, c’est notre responsabilité. D’où l’union.

Dans la hiérarchie des responsabilités des hommes et femmes politiques socialistes avant de changer le monde, il y a protéger les gens. Et cet accord ne changera pas peut-être pas le monde, mais il permettra peut-être d’éviter à des foyers de tomber dans la misère. Après la crise sanitaire, vient la crise économique. Le dire ne suffit pas, il faut aussi le contrer sinon, nous serons coupables.

Je suis très fière de la direction actuelle de mon parti. Je suis fière de ce nouvel élan, qui dit que rien à gauche ne nous est étranger.
Tout à gauche ne nous est pas commun, mais notre point commun est fondamental : empêcher la misère d’être la pandémie de 2022/2027.

Et pour demain, repensons l’utopie. Repensons à nouveau en partant d’une page blanche. Oublions nos préceptes et trouvons ceux dont les français à qui nous souhaitons nous adresser ont besoin.

Et moi, je voterais pour qui ?

Dimanche 27 juin, de 8h à 18h.
Metz 1 : Sallusti – Vitoux.
Metz 2 : barrage au Front National.
Metz 3 : Saadi – Hadadi.
Grand Est : Eliane Romani / Il est temps pour l’écologie et la justice sociale.

Partout ailleurs : là où vous trouverez le Poing et la Rose.

Pourquoi ?

Pour qui ?
Des femmes choc, têtes de mules juste ce qu’il faut, pour vous, toujours pour vous. Sélima SAADI, Patricia SALLUSTI et Eliane ROMANI. Et des jeunes hommes talentueux qui méritent de pouvoir vous montrer qu’ils sont autant têtes de mule qu’elles lorsqu’il s’agit de défendre vos droits. Yoan HADADI et Frédéric VITOUX.
Ce sont des gens que je connais (les socialistes) ou que j’ai découvert sur cette campagne (les écolos) et nous savons que nous avons devant nous beaucoup de combats, durs et longs, pour qu’on souffre le moins possible (nous les “petits”) de tout ce qui arrive devant nous en crises sociales et écologiques. Nous sommes prêts, mais en démocratie on a besoin des voix du Peuple pour être choisis. De vous. De vous, pour les 6 prochaines années de nos départements et de nos régions, dimanche entre 8h et 18h.

Ailleurs, le poing et la rose comme boussole.
Parce que quiconque a encore le courage de les mettre sur son matériel de campagne, en 2021, malgré les remontrances et les quolibets, vous savez qu’il a les reins solides et qu’il saura vous défendre, défendre les intérêts de ceux qui ne peuvent pas le faire eux-mêmes.
Vous le souhaiteriez parfait, moi aussi. Et lui ? Lui, celui qui se présente avec ce poing et cette rose, lui aussi aimerait être parfait. Il aimerait avoir fait mieux, il aimerait avoir vu toujours juste, il aimerait voir au loin, comment rendre le monde meilleur, plus juste. Il n’est pas parfait, mais lui le sait, et il sera là pour vous. Et si au cours du mandat, il court trop et oublie, appelez-nous : le parti fera passer le message.

Pour nous, messins.
Parce qu’une baronnie se définit par l’impossible altérité, l’impossible opposition, et donc l’impossible équilibre. Quoiqu’en dise le maire de Metz (élu à 197 voix, si ça pouvait le pousser à plus d’humilité) il a besoin d’opposition pour rester sur ses gardes : il n’y a pire ennemi que soi-même. Certes, il ne supporte ni la voix des associations, ni celle de la presse, ni, évidemment, la nôtre, mais notre territoire a besoin de casser son désir hégémonique. L’omnipotence est délétère. Elle étouffe les idées. Metz, son territoire, et sa région, ont besoin de se développer en dehors du seul esprit de son sur-occupé maire, président de métropole et candidat à la région. Metz n’est pas une baronnie, elle n’est pas monarchiste. Metz était une république, dirigée par les Treize. Voter à gauche pour les deux cantons où elle est toujours présente, voter à gauche pour la région, c’est donner des sièges et donc une voix à ceux qui chanteront différemment, donner de la couleur aux hémicycles. C’est casser, entailler plutôt, la baronnie naissante.

Barrer la route au FN.
Parce que oui, c’est toujours le FN. Changer de nom ne change ni les idées ni les gens. Parce que même si la droite sifflote souvent sur la colline pour le faire lorsque c’est la gauche qui est seule face à l’extrême droite, ou comme ici, est capable de s’allier avec elle plutôt que de voir passer la gauche, nous, nous n’oublions pas que l’État, notre république et la démocratie supplante notre envie de pouvoir. Nous, nous savons la fragilité de la démocratie, et nous ne jouons pas avec. Alors oui, vous qui êtes de gauche et qui n’avez pas très envie d’aller voter à droite, je vous embrasse, je suis avec vous. Et je suis désolée. Désolée que nous n’ayons pas été à la hauteur pour faire en sorte d’être au 2nd tour. Désolée de ne pas avoir, partout en France où vous avez à faire cela, su créer l’espoir. Nous allons continuer à travailler. Nous ne vous abandonnons pas. C’est juste qu’on ne sait plus trop comment vous parler. On a perdu la langue, et votre confiance. On cherche. On arrive, on va y arriver.

Atone stupeur – comment parler ?

Je ne sais plus parler.

Je ne sais pas comment vous faites pour parler.

Il n’y a rien, là, qui ne me sorte de la stupeur.

Comment faites vous pour connaître les mots justes alors que l’inhumanité a frappé ? Quels sont les mots qui parlent de l’horreur ?

Il faut être Sénèque et travailler des mois pour évoquer Médée.

Il faut être Shakespeare pour écrire Richard III.

Alors oui, la République, la Nation doit être unie, une, forte, intransigeante face à la violence fanatique, face au fascisme islamiste. Alors il faut l’être dans et hors nos frontières. Alors il faut l’être dans chaque rue, chaque parcelle de notre territoire. Alors il faut l’être (par)tout, tout de suite et que ce soir entier ou alors on/je refuse, car c’est laisser faire. Et on ne laisse faire aucun fascisme sans être complice. Ne jamais pactiser, ne jamais baisser le regard. Jamais. Le fascisme, qu’il soit islamiste ou nazi, ne se battra qu’en le combattant.

Cela signifie que l’économie devra passer derrière l’Humanité, derrière l’Humanisme. Cela signifie claquer la porte sur les doigts d’Erdogan lorsqu’il juge notre liberté d’expression. Nous lui donnons toujours de l’argent pour qu’il “gère” un de nos problèmes. Être dépendants d’islamistes n’est pas plus reluisant que de l’être de nazis. Non, pas “néo-nazis”, ils n’ont rien de nouveau, c’est la même gangrène que toujours. Et ils se tiennent la main, tous ces fachos. Ils sont la même merde.

Cela demande une chose : du courage.

Nous ne sommes pas “en guerre” contre le Covid-19. Nous sommes en guerre, constante et en train d’être perdue, contre le fascisme. Et cette fois ci les américains ne nous sauverons pas.

Chaque citoyen doit se poser la question de sa collaboration, avec l’un ou l’autre des fascismes. Chaque citoyen doit savoir que s’il utilise l’un pour éradiquer l’autre, il n’en est pas moins un facho de fait. Chaque citoyen doit savoir que baisser les yeux au petit geste devant soi, c’est participer par son silence. Chaque citoyen qui pense qu’il n’est ni islamiste ni nazi, s’il laisse faire une insulte, un geste, est complice. C’est ça, cette guerre. Nous devons, nous démocrates, faire front.

Chacun.

Tous.

Il faut comprendre que cette guerre a poussé un gamin de 18 ans à prendre un couteau pour tuer, certes. Egorger. Puis décapiter. Vous, vous sentez vous capable de tuer un lapin avec une lame comme nos grands parents le faisaient encore il y a quelques décennies? Non. Nous, nous demandons au boucher d’enlever la tête du poulet parce que ça nous dégoûte. 18 ans, il a tué en l’égorgeant, puis, dans un bain de sang a continué à découper ce cadavre encore chaud, dégoulinant de sang. 18 ans. Quelle folie ! Quelle déshumanité ! 18 ans. Non, on ne naît pas monstre, on le devient.

Il est coupable. Il est mort. Il ne sera pas jugé. D’autres pourront l’être, d’autres devront l’être. Il faudra savoir qui l’a rendu monstre. Il faudra savoir qui a pointé la victime comme cible. Et tous les punir de ce qu’ils ont fait, et de ce qu’ils n’ont pas fait. Ils sont coupables.

Il faudra savoir aussi pourquoi aucune protection n’a été mise en place pour protéger cet enseignant, comme si cette guerre n’existait pas. Il faudra savoir comment un ado qui a immigré chez nous et a donc été suivi par des services de l’état, du département, venant d’un pays où sévit une guerre sanglante à pu se retrouver là, à faire ça, comme ça. Il faudra se poser la question des responsabilités politiques. Où fut le manque. Où notre Nation a failli à se protéger elle-même. Peut être que des préfets tomberont. Peut être que des dispositifs publics tomberont. Peut être que des recteurs tomberont. D’avoir dit “tant pis”, d’avoir dit “on ne pouvait pas”. Ils sont responsables.

Cette guerre ne se gagnera que si nous arrêtons de baisser le regard.

Nous sommes plus nombreux qu’eux. Nous sommes plus forts. Il nous suffit de nous lever.

J’ai un vide dans la cage thoracique. Monsieur Paty crée un vide en moi. Je ne le connaissais pas, mais il fait partie de ce grand tout de ceux qui gardent les yeux levés et aiment tous nos enfants, ceux qu’on leur donne des journées durant. Un grand vide. On espère tant en eux, on leur donne nos enfants et ceux comme lui nous les rendent encore meilleurs. Merci. Merci à vous tous qui restez bienveillants et qui veillez sur eux, sur leurs esprits, sur leurs tolérances. Merci. Merci de ce que vous faites, chaque jour, en conscience. Merci.

A nous aujourd’hui de faire notre part. Tous.

Pauvres en messe, cherchons la Communion ailleurs…

Jour 29. Confinement 2020.

Mon église. Vide.
Notre Dame, rue de la Chèvre, Metz.

Dimanche 15 mars, nous aurions dû aller à la messe. Le 8 mars, nous nous sommes dit “à dimanche” et que “dimanche” n’advint pas. C’était il y a un mois et Le Jour du Seigneur nous a offert une messe extraordinaire, d’une simplicité rare, dans la stupeur du moment. Une communion dans la stupeur. La fébrilité était des deux côtés de l’écran, la main tendue aussi. Une audience qui crève le plafond.

– Partageons ce moment. Revenez. A dimanche… –

Et puis, la stupeur passant, les curés essaient de reprendre la tête de leurs paroisses. On se demande des nouvelles les uns des autres. On pourvoit. Ce ne sont parfois que de très minces fils qui nous unissent en dehors d’une présence à la messe, c’est vrai, surtout nous les citadins. Nos paroisses sont parfois loin de notre petit kilomètre de liberté horaire actuel. Nous sommes en manque les uns des autres, et tous ensemble en manque de communion. Alors, les messes en live sur Facebook se multiplient avec une étrange particularité : elles sont toutes entre 10h et midi, le dimanche. Une hyper concurrence de messes. Trop de Jésus étouffent le Christ.

Le Jour du Seigneur c’est l’église des pauvres de messe de France, qui le sont toute l’année : pauvres en jambes, pauvres en force, pauvres en curés, pauvres en voiture pour faire les parfois dizaines de kilomètres qui les séparent de l’église la plus proche. Ces pauvres en messe en sont privés tous les dimanches, toutes les année, au contraire de nous. Ils nous accueillent chez eux, avec la bonté du chrétien, dans la paroisse hertzienne qui est la leur. Ils nous accueillent, nous qui avons d’habitude une paroisse à portée de main et de cœur toutes les semaines, nous qui les oublions parfois. Soyons heureux : ils ont gardé la porte ouverte pour nous.

Dieu a fait 7 jours à la semaine. Votre messe n’a pas a être en même temps que celle de tous, qu’elle soit sur France 2 ou sur France Culture. Vous n’aurez jamais la qualité d’image ou de son de l’audiovisuel public, vous le savez. Laissez vivre le culte sur le service public, pour le plus grand nombre, pour Tous afin que les pauvres de messe hors confinement ne perde pas leur paroisse lorsque nous retrouverons les nôtres et quitterons la leur.

S’il vous plaît : arrêtons la concurrence.

Si on me demande ce qui est le plus important pour moi, à la messe, je réponds souvent : le souffle. Oui, nous communions à travers le pain, Corps du Christ. Mais ce n’est pas la seule communion que nous vivons. Chantant et priant ensemble, nous respirons comme un seul corps. Disant le Notre Père en même temps, nos inspirations et expirations se font au même rythme. Cette communion du souffle, nous ne l’avons pas perdue, nous n’en sommes pas empêchés. La messe hertzienne nous permet d’être vraiment ensemble, jeunes ou vieux, pauvres en réseaux ou multi-connectés. Notre chemin, derrière le Christ, est de trouver la voie/x commune. Le Souffle de Vie. L’Amour à partager.

A la maison, combler le vide, trouver l’espace.

Ô, oui, très chers Pères, nous avons besoin de vous : vous êtes le lien entre nous. Donnez-nous ce qui vous porte vers le Christ, vous. Donnez-nous à comprendre la Bible, les Evangiles. Donnez-nous à comprendre les Pères de l’Eglise. Ou donnez nous à chanter, à partager, à comprendre l’histoire de la paroisse, de l’Eglise, les histoires des paroissiens, ou juste des nouvelles des uns et des autres, selon votre coeur, selon celui de vos fidèles… Vous les connaissez. Vous savez ce dont ils ont envie. Donnez-nous à chercher avec vous ce qu’est l’Eglise en ces temps où nous sommes sans églises. Parce que nous le savons : l’Eglise n’est pas l’addition de toutes les églises du monde, elle est bien plus que cela. Mais qu’est-ce ? Cherchons-là ensemble.

Nous sommes pauvres de messe, de Corps du Christ, de quête et d’embrassades. Mais nous devons être riches de cette pauvreté. Car si l’Eglise et l’Amour ne sont que cela, alors gardons nos églises fermées, elles ne sont pas assez ! Nous sommes riches de l’attente vers nos retrouvailles. Mais faire comme si de rien n’était, c’est un leurre. Soyons riches de cette souffrance commune et trouvons un moyen de faire de ce temps une attente réelle, inventive, pleine de l’attente comme l’Avent ou le Carême nous le demandent chaque année. Ce sont des temps hors du temps. Nous vivons un temps hors du temps. Et nous, chrétiens, plus que tout autre, connaissons ce temps du “rien”. Nous pouvons faire de ce temps d’absence un temps d’Amour parce que tous les ans Il nous le rappelle : le Samedi Saint n’est pas un vain jour.

Jour 7 – Carême / Temps rare

Faire Carême quand même.

Le Dr Paradis (sic), généraliste et acupuncteur, avant son départ à la retraite, m’explique que j’aurai besoin, puisque je refuse d’arrêter totalement le gluten, de diètes de 6 semaines, au moins deux fois par an (gluten et sucre).
Alors me voilà, faisant carême, 6 semaines sans gluten et sans sucre. Sans pain et sans confiture.
J’avoue que d’autres parts de mon carême 2020 ont sauté, confinement oblige. On y retravaillera plus tard, lorsque nous pourrons sortir.

Je regarde donc les enfants manger de la brioche au Nutella. Je vis ce jeûne comme un lien avec la vie normale, avec le calendrier normal. Nous n’allons plus à l’église, mais nous sommes toujours l’Eglise. Ma Pâque sera le retour du pain dans ma vie. Même si ce pain ne sera que pain, qu’il ne sera pas Lui, il sera Pâque quand même. Nous chanterons l’Alleluia tous ensemble, en revenant à l’église, plus tard.

Ce temps de confinement permet de faire Carême d’une manière puissante, rare. Trouver le centre de nos êtres, chercher où est notre Vie profonde. Où notre pulsation nous mène.
Regarder où notre esprit est concentré, ce qu’il omet…
Regarder nos propres priorités en regardant ce vers quoi notre ennui nous mène, ce vers quoi nos angoisses nous attachent.
Qui est important, qui ne l’est pas. Pour qui nous le sommes.
Lesquelles de nos communautés tiennent à nous, nous tiennent.

Traverser le désert, c’est difficile. Jésus nous le montre durant le Carême. Difficile, même pour lui. Mais en sortir, c’est être plus fort, plus clair, savoir. Cela ne vient pas en un jour, ça s’en va et ça revient selon l’adage musical. Mais quelque chose adviendra en nous, si nous prenons le temps de nous écouter.

Bonne journée ! ☀️
(ici, il pleut, mais on s’en fiche…)
#Confinement #Jour6 #Careme #Lent #StayHome #RESTERALAMAISON

Sens des #responsabilités, de la #démocratie, de l’#uniténationale.
Il est bon d’écouter Boris Vallaud.
#DirectAN
(Et de voir un membre du @partisocialiste flesh & blood on screen… ✊🌹😘)

“Nous.”

Metz, dimanche 11 janvier 2015.

Mercredi 7 janvier 2015. 9h. Je remonte de l’école, je me pose devant Itélé, l’ordinateur sur la table du salon, la tasse de thé à côté. Je coupe le son de la télé : le direct sur le baptême des jumeaux de Monaco me fait rigoler, mais pas au point d’écouter. Musique et Twitter, ma journée de chômeuse commence comme celle d’hier, celle de demain.

Un œil sur les annonces, sur les réseaux sociaux. Un autre sur les frondeurs qui ne comprennent pas la politique économique menée par François Hollande. Sans doute un scrolling de Twitter à la recherche de quelques tweets pro-Hollande/Valls qui attaquent les frondeurs, pour leur répondre… Une matinée digne du “jour le plus chiant de l’année”, et il faut dire que le 7 janvier, en général, ça casse pas des briques.

11h10. “Ça tire chez Charlie” “Il y a des coups de feu chez Charlie.” Rien qu’en écrivant ces lignes, j’ai encore les frissons de ce moment qui parcourent mon échine. Twitter, on choisit qui on lit. Et moi, je lis principalement des journalistes et des politiques. Je ne suis que des gens en qui j’ai potentiellement confiance. S’ils retweetent cela, ces tweets du personnel de l’agence de pub qui est en face, c’est parce qu’ils les connaissent, parce que c’est vrai, ou en tout cas digne de confiance.

Traînée de poudre. Stupeur. Silence. Et communauté.

Twitter s’est arrêté avant que les chaînes d’info arrêtent de diffuser ce maudit baptême. C’était devenu tout à coup insupportable, la famille princière, la célébration en direct, tout. On tuait Charlie. On ne savait rien, mais on en savait trop. Il fallait arrêter le monde. Stupeur.

Et puis, silence. Silence de ceux qui ne savaient pas, pas vraiment, pas bien. Mon amour incommensurable pour Twitter vient de ce moment, perdu aujourd’hui, mais qui fut extraordinaire. On s’est tous tu. Sauf ceux qui savaient. Et nous retweetions. Thomas Wieder nous guidait, comme d’autres rédac-chef, vers ceux qui étaient au plus près. Et de Twitter nous amenions l’information sûre vers Facebook. Je me souviens de cette journée de silence, de grand silence. Les autres attentats furent des moments de parole #PorteOuverte #TousEnTerrasse. Celui-ci, puisque c’était la PAROLE qui était attaquée, nous nous tûmes.

Nous étions silencieux, nous retweetions. Nous étions solidaires des journalistes, puis des élus, venus sur place. Nous nous inquiétions pour et de nos forces de l’ordre. Nous étions présents les uns aux autres, ensemble.

A ce moment là, j’ai ressenti la “communauté nationale”.

Ça n’arrive pas tous les 4 matins, de ressentir dans sa chair son appartenance à une communauté qu’on ne voit pas, qu’on ne peut pas toucher, une communauté avec des inconnus.

La vie reprend, la vie comment ?

Midi. Aller chercher les enfants. Éteindre tout, avant. Tout. Qu’ils ne sachent pas. Arriver devant l’école, abasourdie, mais seule, dans une très grande solitude, en fait. Les autres mamans ne savent pas, n’ont pas su, n’ont pas compris. Cette maman-là, voilée, elle ne sait pas encore que sa vie de musulmane voilée va devenir un enfer après ces attentats, que les fachos en feront une cible, pour rien.

Récupérer les enfants et leur cacher que des terroristes ont tué Cabu, notre Cabu, celui des chaussettes rouges à petits pois, leur cacher l’abattement, la colère. Déjeuner. Et n’attendre qu’une chose : qu’ils soient dans leurs chambres, pour remettre la télé. Entre temps, rester accrochée à son téléphone, savoir, je veux savoir, ne me laissez pas seule à savoir, je veux savoir et être avec vous, vous tous qui voulez aussi savoir. Être là pour que les journalistes ne se sentent pas si seuls dans l’horreur, être là pour qu’ils soient avec nous, vers la Vérité. Ne vouloir être triste que pour la Vérité, pas pour du brouillard. Refuser l’angoisse de l’incompréhension.

Dans Le Temps de la Consolation, Michaël FOESSEL explique que la présence de l’autre, la présence à l’autre est la seule forme de consolation valable. Et que la consolation est un acte politique primaire. Instinctivement, nous l’avons fait. C’est pour cela que c’est de la politique primaire : c’est tellement nécessaire que cette entité indéfinissable, le peuple, le fait de lui-même, comme un grand. Comme un UN.

Pour mes enfants, cet attentat -ils avaient 5 et 8 ans- reste “le jour où maman a pleuré très fort dans la cuisine”. On était le matin, comme tous les matins j’avais mis France Inter. Tous les matins, je fais mon thé, me brosse les dents, prends ma douche avec France Inter. Et ce matin-là, Bernard Maris était mort, et ils étaient tous dévastés. Moi, je me suis effondré. La stupeur était passée, c’était donc vrai. Ils étaient vraiment morts, déchiquetés sous les balles. J’aurais voulu rentrer dans mon poste de radio pour prendre dans mes bras, embrasser chaque voix qui tremblait. Mais il fallait préparer leurs tartines aux enfants.

Alors voilà, on a marché tous ensemble le dimanche. C’était beau. A Paris, ils étaient si nombreux qu’ils n’ont même pas pu marcher. Nous avons été “un”, “unis”, dans une souffrance, une stupéfaction. Nous avions à nouveau été transpercé par la journée de prise d’otage (de VRAIE prise d’otage) à l’HyperCacher. Transpercés, oui. Alors nous étions un peuple, en marche, dans la rue, ensemble. Nous nous touchions, embrassions, nous chantions, nous faisions surtout silence. C’est vraiment ce silence d’une intense présence qui m’a le plus touché, du 7 au 11 janvier 2015. Puis, la vie a bien dû reprendre. Lundi : boulot, école, on en parle encore un peu. Mardi… Mercredi : activités extrascolaires, courses, peut-être une maladie qui traîne… Et voilà, le bruit a repris sa place. Le Grand UN s’est échappé dans nos petits chacuns. “NOUS” s’est perdu.

Parce qu’il est là le problème : conjuguer commun et personnel. Comment rester une communauté nationale lorsqu’on a une famille à charge ? Comment gérer une communauté municipale lorsqu’on a un enfant en souffrance ? Comment gérer une communauté au travail alors que notre frigo est vide dès le 20 ? Et bien voilà : la Société ne le veut pas. Pour gérer le commun, il faut être un individu à vie non complexe. Et c’est là que nous péchons. La gestion de la complexité de la vie, par exemple penser à l’Autre alors qu’on est soi au fond du trou qui est une complexité réelle, ça enrichit la pensée donc le monde.

Il nous faut sortir du piège “on vs eux”, il faut se battre pour le “nous”. C’est beau et c’est bon, le “nous”. Ça rend moins seul, moins triste, plus fort. Comme il y a 5 ans, mais plus longtemps cette fois.

An neuf.

Toute la journée, des messages, des gifs, des vidéos de gens qui… qui sont-ils déjà ? Une journée qui ressemble au brouillard qui trône dehors. Lire Régy, manger, chercher un sens à l’année qui vient, repasser le linge devant une comédie romantique, se demander si on vit vraiment ou si tout n’est qu’illusion, faire des listes, défaire ces listes, remplir le nouveau calendrier, voir les anniversaires qui viennent, le mien, les échéances qui viennent, qui hocquettent dans une société qui hocquette, des solutions à chaque problème mais toujours 3cm trop loin impossibles à atteindre seule, alors se poser, faire une pause, s’arrêter et écouter.

Écouter le monde, écouter l’air, écouter le silence, la voix de Glenn Gould dans cet enregistrement des variations, se dire que Bach et Gould, quand même, quelle rencontre… Écouter la vie des enfants dans leurs chambres.

Alors voilà, Régy est mort. Ou plutôt, la Mort a repris Régy. Mais nous, que faisons nous de cela ? De tout ce qu’il nous a appris ? De là où il voulait nous porter ? Où est la Vérité ? Notre Vérité ? Où est la justesse de la parole, sinon dans le silence juste avant le premier son ? Quand tout est là, entier, prêt à être dit ? quand l’inspiration se fait ? Que ferons nous dire à nos actes ?

Comment être ce que l’on dit être ? Comment se rendre compte lorsqu’on fait l’inverse ? Qui nous dira “arrête, vois-toi” avec suffisamment d’amour pour qu’on l’écoute ? Aurons-nous le courage de le dire à nos proches ? Sommes-nous de si fortes personnes ? Sommes-nous conscients de chacun de nos empêchements ?

Claude Régy, Du Régal pour les Vautours, p25
Claude Régy, Du Régal pour les Vautours, p26

Il faut donc réussir à exprimer ce que l’on ne comprend pas. Ces évidences qu’on ne s’explique pas. Les exprimer car les ressentir n’est pas une coïncidence. Être portés par nos évidences et laisser s’exprimer nos corps pour les vivre pleinement. Vivre pleinement. (Mais qu’est-ce ?) Et savons nous ce qui est, dans nos vies, dans ce monde, au delà de notre propre exprimable ?

J’aimerais savoir rapporter ces Variations de l’an neuf à des sujets bruts. Vous dire “ceci est le Vrai” sur les municipales, la République, l’Amour, Dieu, la Vie ou même la Mort. J’aimerais vraiment. Mais alors vous pourriez dire “elle a tort, elle se trompe, elle veut quelque chose de moi, elle biaise le sujet, elle se joue de moi”, alors que non, aujourd’hui, j’ai simplement pensé à Régy et à ma vie, à ce qu’elle aurait été sans lui, sans les ricochets de sa vie à lui qui ont bouleversé la mienne, il y a 20 ans, au tout début de ce millénaire.

Despentes se décrit comme brutale dans une interview récente. Je suis avec elle, de cette énergie. J’aime cela, la brutalité. La puissance. C’est une réaction. Je suis réactionnaire. Brutale par réaction aux apathies malveillantes.

Régy, lui, m’a offert la radicalité. Au monde par erreur, il me fallait bien tracer une voie. Il fallait trouver mes racines, elles étaient dans Kane lue avec Colas. La Mort qui donne Vie. Ma naissance dans son suicide. Depuis lors je ne tolère rien de médiocre. Et mon intolérance vous fatigue. Tant mieux. Vos médiocrités, à vous qui jouez les si forts que rien n’ébranle, m’épuisent.

En cet an neuf, je crois qu’il faut que je reprenne l’art de la parole. Parler, même dans le brouillard : peut-être qu’au-delà de mon regard, quelqu’un écoute, dans le silence.

Carnet d’été #2 : Going to LR*

*La Rochelle, pas Les Républicains…

Sur le chemin de La Rochelle, il faut se demander ce qu’on vient y chercher. Sur le chemin du retour chez soi, il faut se demander ce qu’on en ramène. En général, ces deux choses sont différentes, mais comptent dans notre année à venir.

Je viens chercher mes camarades. C’est la toute première chose, toujours : les gens. Les gens qu’on ne voient que sur les réseaux sociaux à longueur d’années et que là, nous voyons en chair et en os et en paroles. Parce que la politique se fait en commun, la première chose que nous venons, tous, chercher c’est la chaleur humaine qu’elle nous apporte. Et aux Universités d’Eté (oups, CampUS19), nous pouvons tous aller : du simple militant au membre de la direction nationale, il suffit de s’inscrire (et de dépenser un bras en voyage et en logement…)

Je viens chercher de la force. Parce que ce commun est la meilleure énergie pour porter des idées en combat, ne pas être seuls c’est être plus forts.
Ce sera important, lors des élections à venir, de savoir que de l’autre côté du pays, des camarades vivent la même chose et de pouvoir échanger avec eux. Que de fois cette solidarité fut salvatrice depuis que j’ai pris ma carte pour ce combat commun !

Je viens chercher des murs.
Murs de squash : pour améliorer nos idées nous avons besoin de les confronter et de se les faire renvoyer.
Murs d’escalade : pour aller plus haut, il faut du soutien.
Murs d’enceinte : pour savoir qui est dedans, qui est dehors.
Et les plus importants : les fondations. Nous sommes à la croisées des chemins, et nous avons un parti à refonder après l’avoir vu fondre. Demain et après demain, nous mettrons les tiges d’acier qui permettront de maintenir les fondations de notre maison commune, pour le bien commun.

Je viens aussi chercher La Rochelle. Parce que cette ville est belle et qu’elle me manquait, parce qu’on est plus facilement joyeux, même sans sommeil, lorsqu’on est dans le Beau, parce qu’elle sent encore les vacances alors qu’on vient y travailler… La Rochelle, sa mer, son Vieux Port, c’est pour les Socialistes une bulle où il fait bon se retrouver avant de commencer une année.