Pauvres en messe, cherchons la Communion ailleurs…

Jour 29. Confinement 2020.

Mon église. Vide.
Notre Dame, rue de la Chèvre, Metz.

Dimanche 15 mars, nous aurions dû aller à la messe. Le 8 mars, nous nous sommes dit “à dimanche” et que “dimanche” n’advint pas. C’était il y a un mois et Le Jour du Seigneur nous a offert une messe extraordinaire, d’une simplicité rare, dans la stupeur du moment. Une communion dans la stupeur. La fébrilité était des deux côtés de l’écran, la main tendue aussi. Une audience qui crève le plafond.

– Partageons ce moment. Revenez. A dimanche… –

Et puis, la stupeur passant, les curés essaient de reprendre la tête de leurs paroisses. On se demande des nouvelles les uns des autres. On pourvoit. Ce ne sont parfois que de très minces fils qui nous unissent en dehors d’une présence à la messe, c’est vrai, surtout nous les citadins. Nos paroisses sont parfois loin de notre petit kilomètre de liberté horaire actuel. Nous sommes en manque les uns des autres, et tous ensemble en manque de communion. Alors, les messes en live sur Facebook se multiplient avec une étrange particularité : elles sont toutes entre 10h et midi, le dimanche. Une hyper concurrence de messes. Trop de Jésus étouffent le Christ.

Le Jour du Seigneur c’est l’église des pauvres de messe de France, qui le sont toute l’année : pauvres en jambes, pauvres en force, pauvres en curés, pauvres en voiture pour faire les parfois dizaines de kilomètres qui les séparent de l’église la plus proche. Ces pauvres en messe en sont privés tous les dimanches, toutes les année, au contraire de nous. Ils nous accueillent chez eux, avec la bonté du chrétien, dans la paroisse hertzienne qui est la leur. Ils nous accueillent, nous qui avons d’habitude une paroisse à portée de main et de cœur toutes les semaines, nous qui les oublions parfois. Soyons heureux : ils ont gardé la porte ouverte pour nous.

Dieu a fait 7 jours à la semaine. Votre messe n’a pas a être en même temps que celle de tous, qu’elle soit sur France 2 ou sur France Culture. Vous n’aurez jamais la qualité d’image ou de son de l’audiovisuel public, vous le savez. Laissez vivre le culte sur le service public, pour le plus grand nombre, pour Tous afin que les pauvres de messe hors confinement ne perde pas leur paroisse lorsque nous retrouverons les nôtres et quitterons la leur.

S’il vous plaît : arrêtons la concurrence.

Si on me demande ce qui est le plus important pour moi, à la messe, je réponds souvent : le souffle. Oui, nous communions à travers le pain, Corps du Christ. Mais ce n’est pas la seule communion que nous vivons. Chantant et priant ensemble, nous respirons comme un seul corps. Disant le Notre Père en même temps, nos inspirations et expirations se font au même rythme. Cette communion du souffle, nous ne l’avons pas perdue, nous n’en sommes pas empêchés. La messe hertzienne nous permet d’être vraiment ensemble, jeunes ou vieux, pauvres en réseaux ou multi-connectés. Notre chemin, derrière le Christ, est de trouver la voie/x commune. Le Souffle de Vie. L’Amour à partager.

A la maison, combler le vide, trouver l’espace.

Ô, oui, très chers Pères, nous avons besoin de vous : vous êtes le lien entre nous. Donnez-nous ce qui vous porte vers le Christ, vous. Donnez-nous à comprendre la Bible, les Evangiles. Donnez-nous à comprendre les Pères de l’Eglise. Ou donnez nous à chanter, à partager, à comprendre l’histoire de la paroisse, de l’Eglise, les histoires des paroissiens, ou juste des nouvelles des uns et des autres, selon votre coeur, selon celui de vos fidèles… Vous les connaissez. Vous savez ce dont ils ont envie. Donnez-nous à chercher avec vous ce qu’est l’Eglise en ces temps où nous sommes sans églises. Parce que nous le savons : l’Eglise n’est pas l’addition de toutes les églises du monde, elle est bien plus que cela. Mais qu’est-ce ? Cherchons-là ensemble.

Nous sommes pauvres de messe, de Corps du Christ, de quête et d’embrassades. Mais nous devons être riches de cette pauvreté. Car si l’Eglise et l’Amour ne sont que cela, alors gardons nos églises fermées, elles ne sont pas assez ! Nous sommes riches de l’attente vers nos retrouvailles. Mais faire comme si de rien n’était, c’est un leurre. Soyons riches de cette souffrance commune et trouvons un moyen de faire de ce temps une attente réelle, inventive, pleine de l’attente comme l’Avent ou le Carême nous le demandent chaque année. Ce sont des temps hors du temps. Nous vivons un temps hors du temps. Et nous, chrétiens, plus que tout autre, connaissons ce temps du “rien”. Nous pouvons faire de ce temps d’absence un temps d’Amour parce que tous les ans Il nous le rappelle : le Samedi Saint n’est pas un vain jour.

Jour 15. 5è dimanche de Carême / Nous allons bien.

Bonjour !
C’est #Dimanche, alors on fête. On dresse une jolie table, même pour le petit déjeuner. Il fait beau, le soleil entre dans l’appartement. Nous allons bien tous les 3. Alors on fête !
Nous avons un toit, un frigo plein, des rires à foison. Alors on fête. Parce que nous méritons de nous souvenir de ce qui va.

#5eDimancheDeCarême

« Seigneur, si tu avais été ici,
mon frère ne serait pas mort. » Jn 1,21.

[version longue]

Cette année, nous fêterons deux pâques. Celle qui clôture la #Passion qui débute dimanche prochain. Celle qui clôturera le #Confinement.

Nous fêterons #Pâques à la maison. Seuls. Ni #Triduum, ni #VigilePascale à #NotreDame. Ni nids de mousse dans les jardins où les cloches mettront les oeufs en chocolat. Mais nous inventerons. Nous rallumerons la #lumière de la vie.

Et en sortant, nous devrons inventer cette nouvelle façon d’être au monde, dans la #Vie. Croyants ou non, si les vivants, les êtres humains ne se rendent pas compte de leur interdépendance aujourd’hui, alors jamais nous ne sortirons des multiples confinements où nous vivons depuis des décennies. Jamais nous vivrons à nouveau. Jamais nous ne vivrons enfin.

Cherchons en nous où est la Vie. Son sublime et son superflux. Ses bonheurs et ses peurs. Les vraies peurs, les vrais bonheurs. Cherchons en nous ce qui meurt en ce moment, ce que nous lâchons. Et faisons comme Jesus : prenons le temps avant de nous relever. Prenons le temps d’avoir lâché nos poids morts.

Ils partent seuls, en ce moment. La Vie reprend le terrain de nos vies. Et c’est heureux. Ça se fête.

Bon dimanche ❤️

J’aime ce que vous faites avec vos photos de vous petits, ce défi de confinement. Alors on se rend compte de plusieurs choses.
Déjà, comme l’a souligné Vincent Message : “À voir toutes vos photos tirées des oubliettes : nous restons toute notre vie les enfants que nous fûmes.”
Et puis, vous soulignez aussi quelque chose qu’Anne Delrez met en œuvre depuis des années dans son travail d’artiste, avec ces archives d’album photo de famille, avec un sens esthétique et mémoriel fondamental : l’importance de nos photos de famille.

Chacun poste son visage, mais aussi le reste. La mode. Les coupes de cheveux. Ça nous fait rire. Les tapisseries, mobiliers, voitures, décors de quand vous étiez petits, vous. Ça pose une époque. Et puis aussi les gens que vous prenez avec vous. Vos parents, vos amis, vos fratries vous accompagnent dans ce défi, ou plutôt vous les emmenez avec vous, malgré eux, pour nous les montrer.

Et surtout, vous nous montrez quelque chose que rien ne peut effacer : le regard qui s’est posé sur vous ce jour-là pour vous prendre en photo. Ce jour dont vous vous rappelez parfois. Une photo de famille, c’est un regard d’amour qui s’arrête sur un moment.

Jour 11. Annonciation / décider de refaire surface / dire oui.

-4° dehors, un beau temps à regarder le ciel en restant chez soi.

Amis athées, je vous le dis : écoutez les cloches à 19h30, ce sont les premières de Noël et demandez vous aujourd’hui ce que vous voulez faire à Noël à Nouvel an. Aujourd’hui, on fait péter le décompte des jours, on pense plus loin, plus large… 🥳🥳🥳

[version longue : ]

Dans 9 mois, c’est #Noël. Alors ce soir, à 19h30, les cloches des églises voleront vers nos oreilles et les catholiques ne pouvant se rendre à la messe pour fêter ensemble, mettront une bougie sur leur fenêtre pour dire : “Oui”, avec Marie lorsque #Gabriel lui a dit :
– Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
(Luc 1, 26-38.)

Comme toujours, c’est au milieu du #Carême, quand sa fin ne vient pas que que son début est si loin qu’on ne s’en souvient pas, que nous fêtons la source de Noël. Nous sommes, avec Jésus, au désert. Nous savons la fin de l’histoire : il va ressusciter et pour cela il doit mourir. Pâques est notre seul but, et c’est pas prêt d’arriver. Finir nos carêmes, nos privations, et fêter, et chanter enfin celui qui nous manque tant : l’Allel—… Comme si ce renouveau était une fin.
Mais le calendrier vient nous rappeler qu’il n’y a pas que ce temps de privation qui se prépare. Il y a aussi l’autre temps, le plus long, qui arrivera aussi…

Ce matin, je remercie le Ciel de m’avoir fait croyante, car aujourd’hui ce #Jour9 de #Confinement sera un jour de fête, et de fête partagée.

BONJOUR !

Voilà, c’est fête, alors on a sorti le #Longwy 🥳🥳🥳
#Annonciation#Dans9MoisCEstNoel

Jour 8 – Laetare : la Joie.

4è dimanche de Carême, dimanche de la Joie

La #Paix du #Christ à chacun. 🙏

#Dimanche #Messe #Confinement #2eDimanche

Cette messe télévisée, en comité très restreint, comme chacun chez soi, très improvisée la semaine passée, est notre nouvelle communion hebdomadaire. Il faut trouver nos nouvelles marques, créer de nouveaux #temples.
En plein Carême, cette absence de #corps, ceux des autres, et celui du Christ, nous pousse à penser et panser ce qui nous manque.

Aimer, dans le manque.
Recevoir l’Amour, dans l’absence.

L’altérité est dehors. Nous en sommes dépossédés. Il faut alors trouver la Vérité en nous, sans contre argument, sans bataille, dans un cheminement intime.

Chercher le manque ultime, trouver la voie pour ne pas le perdre. Et cheminer vers notre plénitude, au bout du bout du chemin… Sans certitude, juste une immense Foi en l’Amour.

Quand dans ton immeuble, il y a 249 appartements, quand ça prend, ça prend d’un coup…
#applaudissements #Confinement #PourLesSoignants #JAiPasFilméJÉtaisAuTél