Je ne sais plus parler.
Je ne sais pas comment vous faites pour parler.
Il n’y a rien, là, qui ne me sorte de la stupeur.
Comment faites vous pour connaître les mots justes alors que l’inhumanité a frappé ? Quels sont les mots qui parlent de l’horreur ?
Il faut être Sénèque et travailler des mois pour évoquer Médée.
Il faut être Shakespeare pour écrire Richard III.
Alors oui, la République, la Nation doit être unie, une, forte, intransigeante face à la violence fanatique, face au fascisme islamiste. Alors il faut l’être dans et hors nos frontières. Alors il faut l’être dans chaque rue, chaque parcelle de notre territoire. Alors il faut l’être (par)tout, tout de suite et que ce soir entier ou alors on/je refuse, car c’est laisser faire. Et on ne laisse faire aucun fascisme sans être complice. Ne jamais pactiser, ne jamais baisser le regard. Jamais. Le fascisme, qu’il soit islamiste ou nazi, ne se battra qu’en le combattant.
Cela signifie que l’économie devra passer derrière l’Humanité, derrière l’Humanisme. Cela signifie claquer la porte sur les doigts d’Erdogan lorsqu’il juge notre liberté d’expression. Nous lui donnons toujours de l’argent pour qu’il “gère” un de nos problèmes. Être dépendants d’islamistes n’est pas plus reluisant que de l’être de nazis. Non, pas “néo-nazis”, ils n’ont rien de nouveau, c’est la même gangrène que toujours. Et ils se tiennent la main, tous ces fachos. Ils sont la même merde.
Cela demande une chose : du courage.
Nous ne sommes pas “en guerre” contre le Covid-19. Nous sommes en guerre, constante et en train d’être perdue, contre le fascisme. Et cette fois ci les américains ne nous sauverons pas.
Chaque citoyen doit se poser la question de sa collaboration, avec l’un ou l’autre des fascismes. Chaque citoyen doit savoir que s’il utilise l’un pour éradiquer l’autre, il n’en est pas moins un facho de fait. Chaque citoyen doit savoir que baisser les yeux au petit geste devant soi, c’est participer par son silence. Chaque citoyen qui pense qu’il n’est ni islamiste ni nazi, s’il laisse faire une insulte, un geste, est complice. C’est ça, cette guerre. Nous devons, nous démocrates, faire front.
Chacun.
Tous.
Il faut comprendre que cette guerre a poussé un gamin de 18 ans à prendre un couteau pour tuer, certes. Egorger. Puis décapiter. Vous, vous sentez vous capable de tuer un lapin avec une lame comme nos grands parents le faisaient encore il y a quelques décennies? Non. Nous, nous demandons au boucher d’enlever la tête du poulet parce que ça nous dégoûte. 18 ans, il a tué en l’égorgeant, puis, dans un bain de sang a continué à découper ce cadavre encore chaud, dégoulinant de sang. 18 ans. Quelle folie ! Quelle déshumanité ! 18 ans. Non, on ne naît pas monstre, on le devient.
Il est coupable. Il est mort. Il ne sera pas jugé. D’autres pourront l’être, d’autres devront l’être. Il faudra savoir qui l’a rendu monstre. Il faudra savoir qui a pointé la victime comme cible. Et tous les punir de ce qu’ils ont fait, et de ce qu’ils n’ont pas fait. Ils sont coupables.
Il faudra savoir aussi pourquoi aucune protection n’a été mise en place pour protéger cet enseignant, comme si cette guerre n’existait pas. Il faudra savoir comment un ado qui a immigré chez nous et a donc été suivi par des services de l’état, du département, venant d’un pays où sévit une guerre sanglante à pu se retrouver là, à faire ça, comme ça. Il faudra se poser la question des responsabilités politiques. Où fut le manque. Où notre Nation a failli à se protéger elle-même. Peut être que des préfets tomberont. Peut être que des dispositifs publics tomberont. Peut être que des recteurs tomberont. D’avoir dit “tant pis”, d’avoir dit “on ne pouvait pas”. Ils sont responsables.
Cette guerre ne se gagnera que si nous arrêtons de baisser le regard.
Nous sommes plus nombreux qu’eux. Nous sommes plus forts. Il nous suffit de nous lever.
J’ai un vide dans la cage thoracique. Monsieur Paty crée un vide en moi. Je ne le connaissais pas, mais il fait partie de ce grand tout de ceux qui gardent les yeux levés et aiment tous nos enfants, ceux qu’on leur donne des journées durant. Un grand vide. On espère tant en eux, on leur donne nos enfants et ceux comme lui nous les rendent encore meilleurs. Merci. Merci à vous tous qui restez bienveillants et qui veillez sur eux, sur leurs esprits, sur leurs tolérances. Merci. Merci de ce que vous faites, chaque jour, en conscience. Merci.
A nous aujourd’hui de faire notre part. Tous.
