A Gauche Pour Gagner, étape 2 : LE POUVOIR DU POLITIQUE

“Tu sais, c’est compliqué.”
“On n’y peut rien.”
“C’est la seule politique possible.”
“Il n’y a pas d’alternative.”
“Vous devez comprendre notre époque, vous êtes d’un autre temps, vous êtes archaïques, vous ne comprenez pas le XXIème siècle.”

Vraiment ?

Vraiment ???

CGT Moselle (c) Mathieu29/04/2015 (c) Mathieu Delmestre

NON.
Non, simplement, nous croyons encore que la Politique est utile et qu’elle doit porter des utopies.
Voilà. Des utopies. Des directions qui permettent d’avancer. Des utopies pas si folles, en fait. Juste des utopies.
Ceux qui n’y croient plus ont admis que l’idéologie libérale (car ce n’est qu’une idéologie parmi d’autres, mais pas toujours la plus sympathique) a gagné. Acté la défaite. Acté l’adaptation au système. Acté la défaite pré-programmée de l’exercice du pouvoir.

Nous croyons qu’en plus de comprendre notre époque, il faut aussi construire la suivante.
Nous croyons qu’en plus de gérer le quotidien, il faut inventer l’avenir.
Nous croyons que l’idéologie n’est pas dépassée : elle est contrainte.
Nous croyons que l’Homme n’a pas à s’éteindre devant des systèmes, quels qu’ils soient.
Nous croyons même, pauvres de nous, que les êtres humains sont plus importants que les systèmes que l’Homme a inventé.

Alors ?!

Alors levons-nous et disons “Non !” car non, Thatcher n’est pas la grande philosophe constitutive du XXIème siècle. Non, Bruxelles, l’UE, le FMI, monsieur Sylvestre n’ont pas à contraindre l’Humanisme que nous portons en nos cœurs depuis des décennies. Non, nous ne sommes contraints par rien d’autres que par nos renoncements.

Oui, nous échouerons à ‎mettre en place 100% de nos utopies. Mais même 60% d’échec me plaît s’il remplace 100% d’abdication. Parce que rien ne remplacera la force d’une société qui se lève et qui rêve. Rien ne remplacera la force de NOUS, encartés ou non, debout, dans nos luttes.

Je refuse la peur. Je refuse la peur du mouvement, du changement. Non, une manifestation n’est pas une chienlit: c’est une PAROLE. Non, une grève n’est pas une prise d’otage: c’est une mise en écoute forcée de cette PAROLE méprisée. Non, dire n’est pas honnir. Non, s’exprimer n’est pas mépriser.
Au contraire.
Parler c’est respecter l’autre, c’est partager, c’est vouloir être ensemble et non contre. Parler, c’est dire ses idées, pas pour les figer mais pour les laisser vivre. Parler, c’est considérer l’autre comme digne de recevoir notre parole. Parler, c’est aimer les autres.

Alors voilà, au sein du Parti Socialiste, j’ai fini par rencontrer des gens qui aimaient que je leur parle. Quitte à me dire que je me trompais et à m’expliquer pourquoi. Alors, ils m’ont appris des choses. Alors on a travaillé ensemble.
Et, croyez moi ou non, j’y ai rencontré des gens qui portaient des utopies, des idéaux, qui savaient respecter leurs promesses, qui avaient des valeurs et savaient mener des combats pour la justice. La majeure partie de ces gens, je les retrouve aujourd’hui dans ce que nous appelons une motion (interne au Parti Socialiste, dans le cadre d’un Congrès). Elle s’appelle A Gauche, Pour Gagner. Parce que nous pensons que si nous ne sommes pas concrètement et clairement à gauche, nous perdrons.
Et nous ne perdrons pas que des élections. Nous perdrons aussi notre dignité. Notre dignité politique. Nous perdrons tout simplement le sens de ce qu’est “LA POLITIQUE”.

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne?
Ohé! partisans, ouvriers et paysans, C’est l’alarme!

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